716 LA REVUE SOCIALISTE Moreau do Tours (1), ont trac6 la voie, les faits d'hérédité nerveuse pullulent dans la science; les progrès de la physiologie du -système nerveux ont permis de saisir le lien généalogique de manifestations aussi disparates que les Dystrophies ou déviations du type primitif géneral ou local, les troubles de sensibilite _qenerrrle o~~ locale (anesthésie, analzésie, hypéresthésie, héméanesthésie, zone d'anesthésie), les troubles psychiques {psychoses, vésanies) les troubles de niotilité (paralysie et contracture). Tout le monde connait des familles de nerveux : chacun a remarqué la fréquence des maladies nerveuses dans telle ou telle famille; mais ce qu'on ne sait pas encore assez, c'est que dans ces familles neuropathologiques,il n'est pas un seul membre chez qui on ne puisse trouver, en cherchant bien, la trace plus -oumoins manifeste de la tare de famille. Plus nous irons, plus ces faits frapperont les esprits; plus nous comprendrons l'importance révélatrice d'un de ces petits riens que nous nous contentons encore de qualifier négligemment de tic, d'originalite, de bi~arrerie, de caractère, de manie. Déjà, du reste, nous commençons à nous familiariser avec ces notions, et nous apprenons à reconnaitre qu'il y a des familles de détraqu8s, des familles d'hystériques, des familles de névropathes ou de neurasthéniques. La littérature, elle-mème. s'est emparée de cette id~e de l'hérédité morbide; Zola a cherché à nous l'exposer dans sa descendance des Rougon-Macquart; Daudet l'a transportée au théàtre. Mais, en médecine, l'étude de l'hérédité, hier encore toute objective, purement descriptive, commence à peine à rechercher la genèse, la filiation, la parenté, la solidarité des faits innombrables que l'observation quotidienne accumule incessamment. L'étude magistrale de Ch. Féré, dans sa Famille uévropathi- .q_ue (2), est le premier travail d'ensemble réalisé dans cet ordre d'idées. Dorénavant, guidé par une notion plus éclairée de l'hérédité. on retrouvera à chaque instant cette origine commune héréditaire dans les diverses manifestations que l'on pourra constater dans une même famille: en un mot, au lieu de dasser simplement les nerveux dans la classe des ataxiques - des vésaniquos ou des névrosés, nous les classerons d'après la domi- (l) Moreau (de Tours) : La Psychologie morbide dans ses rapports .avec l'histoire, 1S5!). (2) Ch. Féré: La famille névi·opathique. - Archives de Neurologie, 18~4, n" 19 et 20.
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