La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

SOLlDARlS)!E SOCIAL 711 logistes appellent les maladies dont ils 11·011ptu réussir à décou- .v. rir la lesion anatoniique. Or, si tout le monde admet aujourd'hui que la prédisposition au ramollissement cérébral peut se transmettre par hérédité, ne sommes-nous pas tout aussi autorisés à dire qu'ici la transmission des troubles psychiques qu'il entame est assurée par le même curoctère organique, anatomique? Nous ne croyons pas qu'aucun aliéniste refuse de voir uu caractère organique,anatornique,démontré on non démontré, soit dans tous les cas d'hérédité d'aliénation mentale, quelle qu'en soit la forme. Il y a longtemps que les SJ;irituHlistes ont pressenti toutes ces questions et se sont C'fforcésde les prévenir en essayant d'établir une distinction subtile entre l'Ame qui peut demeurer intacte et son instrument le cerveau qui peut ne plus pouvoir lui obéir, mais ce sont là des subtilités qui ne peuvent résister aux progrès de la science pour tout esprit capable de voir les faits tels qu'ils se présentent. Kous admettons couramment que la Ressemblrrnce 1norale se transmet héréditaireme11t tout aussi bien que la ressemblance physique, nous constatons tous les jours l'hérédité de partic1ilarités morales tout comme de particularités physiques: nous venous de voir la corrélation constante entre l'hérédité pathologique physique et psychique; mais, imbus de nos Yieilles idées sur l'essentiatité Je notre vie psychique, nous répugnons à voir dans ces faits la preu ,·e expérimentale du caractère organique de toute hérédité psychique. Il y a lù, il faut bieu le reconnaitre, une difficulté énorme qui tient surtout à l'insuffisance de nos moyens d'expression. C'est au point qu·en médecine même il n'y a pas d'autre expression que le mot esse1ttiel pour désigner les maladies dont les lésions auatomiques ne sont pas conuues. C'est là, évidemment, une lacune, d'autant plus qu'actuellement les doct,rines physiologiques ne comportent nullement l'idée de troubles fonctionnels sans une modification quelconque des éléments anatomiques: c'est ce qu'on a essayé de décrire sous le nom de troubles dynamiques . .Mais ces modifications dynamiyues, àu fond, ne peuvent pas ètre autre chose que des modifications organiques, fussent-elles réduites à ce qu'on appelle en physique et en chimie, des modifications d' eq1,itibrations molecutaires ; autrement, en effet, l'expression ne signifierait rien. ou impliquerait une contradiction. C'est ainsi qu'aujourd'hni il est impossible d'admettre une seule manifestation psychique sans qu'elle ait sa corrélation dans le fonctionnement de quelques cellules nerveuses. 'fous les physiologistes admettent maintenant que l'idéalisation ne peut se

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