LA SOCIÉTÉ COLLECTIVISTE 697 V. LA TRANSITION. Passons maintenant aux moyeus de nous élever au collecti- -visme poli tico-économiq ue. Une transition pacifique est-elle possible? Voyon~-en les -conditions. Quant à l'ordre politique, il faut que les rois consentent à briser leurs sceptres, pour devenir les concitoyens de leurs sujets -dans la République. Il faut que généraux et colonels consentent à déchirer leurs uniformes pour devenir de simples producteurs dans l'unité pacifique. Quant à l'ordre économique, il faut que les capitalistes con- -sentent à dire: nous donnons nos milliards pour qu'ils soient versés dans le trésor social. Voilà des corn;entements invraisemblables, n'est-ce pas, sinon miraculeux ? •Parlons seulement des capitalistes. On a créé plusieurs ingénieuses combinaisons - et l'on peut -en trouver cent autres - pour que le remède leur paraisse moins héroïque. Ainsi on lenr servirait pendant vingt ans, loyers, rentes, intérêts. fermages, et après on P.xercerait le droit de leur prendre leur capital; ou bien ils en jouiraient en viager; ou bien l'on frapperait les gros héritages d'un impôt de 50 %. et plus, etc. Mais ces offres, pas plus que la confiscation, n'ont pu jusqu'ici les convertir, et elles ne les convertiront point. Donc, l'avau t-garde révolutionnaire des sujets, pour conquérir la République ; l'avant-garde révolutionnaire des ci vils -et soldats, pour conquérir l'unité des peuples; l'avant-garde révolutionnaire des prolétaires, pour conquérir la propriété sociale, serout obligés de f~ire la Révolution. * * * Si nombreuses sont les contingences qui peuvent se produire avant que se constituent inévitablement l'unité des peuples et l'unité dans la propriété des moyens de travail, que les plans à former n'ont guère qu'une valeur spéculative, déjoués comme ils peuvent l'être par l'imprévu quotidien.
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