La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

696 LA REVUE SOCIALISTE sourde qui murmure dans sa conscience trouble: La richesse, cet instrument d'émancipation que tu possèdes, le plus puissant de tous, tu ne le fais pas servir a1 1 progrès social! Non, ce cadavre ambulant ne peut servir de plaidoyer contre la richesse de la société future. Et la conclusion, la voici : La société peut devenir et deviendra - dans la mesure bornée par nos organes périssables et les cataclysmes terrestres possibles, - un sanctuaire de joie et de justice. Deux mots; au contraire, j'y reviens, suffisent à caractériser la sociétt>actuelle : Un abattoir et un dépotoir 1 IV. SUJETS RÉSERVÉS. La partie des objections et des réponses est close. J'ai montré la société collectiviste, purifiée du monopole propriét::tire, des frontières homicides, du privilège de l'intégrale culture de l'intelligence. J'ai laissé ù dessein dans l'umbre de hauts problèmes, qui ne seront qu'en partie résolus pratiquement aux débuts de l'organisme nouveau, et qui se poseront avec une croissante intensité, proportionnelle à l'instruction complète pour tous, ù un ardent besoin de liberté sous toutes les formes, à la situation nouvelle des femmes devenues indépendantes et riches autant que les hommes, à l'implacable révision, enfin, de tout l'héritage du pa:ssÉ',- c'est-à-dire les problèmes de l'éducation morale, de la liberté dans les relations d'amour, des droits respectifs de la famille et de la société sur l'enfant, etc. Ces sujets, faisant vibrer des fibres si intimes de notre esprit et de notre cœur, je les ai déjà traités dans un livre (1). On peut, à la rigueur, les détacher du fonctionnement coltectivisle; par les conséquences logiques, ils y tiennent pourtant. (1) L'Esp1·it Nouveuu dans l'Ilumanité, 1867.

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