La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

G94 LA REYUE SOCIALISTE tudcs et en latitudes; le mot de Pascal ne sct·a plus applicable;· il y aura unité d'appréciation dans la justice distributive : où peut-on voir là une calamité? Les paysages seront « ratissés, fabriqués)), où ils devront l'ètre, mais pas ailleurs! Oui, on parlera partout la mème langue. Il n'est pas mauvais que tons les hommes puissent se compreudre? Deux êtres humains réduits l'un en face de l'autre à l'état de sourds-muets - sans le secours des gestes - paraissent assez ridicules. C'est reculer trop loin dans les siècles. Mais, certe.s, on ue sera pas assez nigaud pour nP. savoir qu'une langue! On en apprendra autant qu'on voudra. Et toutes les bibliothèques du pass,~. donc? Est-cc qu'on ne sera pas content de les lire? Les hommes, µlns que jamais, sentiront le besoin de se plonger dans le temps et dans l'espace. Seulement, qno les écrivains d'aujourd'hui rabattent de leur orgueil. On set'èt horriblement exigeant, vn la culture universelle et l"abondance des œuvres. On dressera évidemment une volumineuse anthologie. Il y a aujourd"hui ùes œn\'res célèbres qni méritent leur célébrité, et qui gagneraient toutefois à ètre réduites des ùenx tiers. Les profanes admirent tont sur parole. Mais les ini~iés,épluehantles phrase , les mots (cc qui est. leur droitJ, jugeant toujours à la lumièr0 de l'economie cle 1~essorts - un principe socialiste! - raturent impitoyablement le man vais et l'inutile. Quel émondage nos descendants auront ù faire dé,iù dans quelque vingt ans! L'h6ro1sme dans les boucheries humaines? Ah! les Joseph do Maistre, et l('s ùo Moltke - s'il en existe encore, - devront y renoncer. 1Iais trop longtemps, hélas! l'héroïsme trouvera des occasions de se déployer dans les tùtonnemcnts de la science, dans des travaux insalubres on dang('reux, dans des expérimentations médicales pratiquées, non sur des patients pauvres, sur de la chair à expérience, mais sur soi-même. Allons! à l'avant-garde, les héros! Le pittoresque? Mais on le créera, on le pétrira, il rayonnera. dans les campagnes, dans les villes, dans les maisons, dans les appartements, dans les vêtèments de travail et de fète ! Comprend-on ùes bipèdes màles fixant aujourd'hui des yeux rèveurs sur leurs chapeaux, par exemple, et craignant la mort du pittorrsque ! L'homme de\'cnu un simple rouage dans une corporation? Quand ses focnltés intellectuelles et techniques, éveillées, c11l~ivées, épanouies par des leçons de choses, par la transformation de nos méthodes imbéciles d'instruction, lui assureront le savoir--

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