La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

092 LA REVUE SOCIALISTE simple rouage, avec toute CP.tte discipliuo sèche tuant toutespon tarn':ité? Scrutons la vie des millionnaires. Qu'y trouvons-nous? Comme dans celle des pauvres, après défalcation de quelques. plaisirs, nn total d'amertumes, - pour d'autres causes, voilà tout. Les opulents, comme les déguenillés, se font au besoin sauter la cervelln. Votre société riche et instruite ne livrera done:. ras, pour autant, le secret du bonheur'! - R. En répondant à cette question, la dernière, si je m'écarte quelque peu de la << modération » que je me suis fixée, ma foi, peu importe ! C'est une erreur de croire que la société nouvelle mettra.. fin au combat pour la vie. Il subsistera, au contraire, plusardent, plus farouche que jamais ! Seulement, il ne se déshonorera plus par ce caractère d'in-- famio de se livrer d'homme à homme; il se tournera tout entier, imphcable, rontre la nature. Toutes les puissa11ces infernale& de destruction foudroieront, non plus des corps humains, des. cœurs qui palpitent, mais des corps inertes, la matière brute rebelle à nos désirs, à notre marche on avant! On ne verra plus vingt millions d'automates se préparant à utiliser sur commande mitraille et mélinite au profit des rois et des féodaux contemporains. On verra seulement des légions des dizaines defois plus nombreuses de producteurs, di::;ant aux forces naturelles : Nous voulons vous assouplir aux besoins de l'Humanité. Et ou donc réside la vérité aujourd'hui? Dans la poli tiquaille? Avec ses redites imprim~es et parlées?· Avec sa lanterne magique montrant toujours le même défilé monotone de faits et de personnages? Avec les explosions - seulement à intervalles éloignés - de quelque coup de foudre populaire? Dans la vie individuelle? Rien de moins varié que les dix: à dix-huit heures de l'horrible ou insipide besogne des prolé-- taires, ouvriers ou employés! La variété, il est vrai, existe pour-- les spéculateurs de tout genre,- qui s'en passeraient bien,quand elle se nomme ruine! Quant aux riches intelligents, ils peu-- vent, eux, alterner leurs plaisirs: mais puisque tout le mondesera riche? Les plus remarquables écrivains que la lumière des choses. de l'avenir n'éclaire point, sont condamnés, sans le savoir, à vivre dans une prison intellectuelle à perpétuité. Le plus sou-- vent on éprouve une impression pénible au défilé de leurs feux d'arlifice. On rend hommage à leur ingéniosité, en même temps. que l'esprit se regimbe contre le pauvre emploi qu'ils en font_

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==