La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

A NOS LECTEURS 643 -direction et les lois, connaissance indispensable celle-là, car par elle seule les lois natu1·clles, parfois si cruelles A l'empirisme ~t à l'ignorance sociale, peuvent ètre appliquées au développement et au mieux èti:e de l'homme ... A ce moment <lel'histoire où le confit est universel où l'on ne voit nulle trace de synthèse intégrale acceptable, le mal est autant moral que social. D'où cette conséquence que pas plus que, les philosophes et les moralistes n'ont le droit <le se désintéresser des questions sociales, les socialistes n'ont la clroit de se désintéresser des questions philosophiques et morales. Cet intégralisme dé vue, n'est pas moins nécessaire dans l'évolution socialiste elle-mème, vu que, exception faite de certaines vieillel'ies qui vont au rebours du courant historique chaque système chaque parti a, dans le relativisme final des choses, une part de vérité à lui particulière qu'il convient de ne pas négliger, car elle est un des facteurs de la trnnsformation générale que nous voulons tous pat· <lesmoyens diffél'ents. Il s'agit bien, en effet, de systèmes pe1·sonnels, de panacées d'école, quand les douleurs du salariat C'l'ient la ruine dans nos campagnes, la faim, dans nos villes et pendant que s'affirme l'épui;;ement, la décomposition des vieilles formes religieuses, politiques et sociales 1 Il nous est permis d'ajouter que l'idée encore confuse qui est exprimée ici du caractère intégral du socialisme s'est préci- .sée et développée et qu'elle fait assez bonne figure dans la propagande socialiste actuelle. Comme conséq uenc~ de cet élargissement des buts socialistes la recommandation d'un.e politique réformiste s'imposait, ce fut en effet le troisième point de notre programme : Et maintcnarit,disions-nous,nous accusera-t-on d'éclectisme trop modéré, il nous serait tl'Op facile de répond1·e que lorsqu'on passe son te10ps à pourlécher des théories bien exclusives, on se met en dehors du cournnt social ; -011 perd le sens des tendances de son époque et des aspirations populaires. li est évident qu'à courir <levant soi sans regarder si l'on est suivi, à la recherche d'un absolu miroitant et trompeur, on se sépare de la grande armée ,du prog1·ès, cette minorité militante de l'humanité sans laquelle rien de durable ne peut être fait, et l'on se morfond dans le désert de l'utopie. Pour eux le hors de l'Eglise, pas de saluf, est un Credo auquel ils se --conforment rigoureusement. Ce résultat de tout ceci c'est que d'excommunications en excommunications, de subdivisions en subdivisions, on en arrive à démoraliser et à dispe1·ser l'avant-garde de la révolution occidentale, car il est dans la nature de,; choses que l'esprit humain, lorsqu'il est enfiévré d'absolu, dessèche, 'stérilise et tue tout ce qu'il touche dans sa course effrénée et sans limites. En conséquence, soyons toujours en avant de notre siècle ; mais en restant dans l'humanité ; soyons toujours en avant de la foule, mais en ne la perdant pas de vue et préoccupons-nous davantage des améliorations partielles. Ici encore nous nous sommes trouvés finalement d'accord avec tous les groupements socialistes car tous ont dirigé leurs efforts vers la conquête des municipalités et vers l'amélioration <lesconditions du travail, voies fécondes où de profitables victoires les attendent.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==