La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

ô12 LA REVUE SOCIALISTE 3° Enfin, établir que la période des absolutismes doctrinaires est bien passé et que les temps sont venus pour le grand parti socialiste de s'occuper des moyens de transition et des réformes immédiatement réalisables. Sur le premier point, après avoir insisté sur les funestes résultats-des exclusivismes de sectes et des compétitions personnelles, on disait dans le programme inaugural : Il est temps de dégager l'élaboration socialiste de tous les accidents de rivalités pe1·sonnel_les,d'ambitions particulières de fanatisme d'école, d'intrigues de sectes, de mêlée fu1·ieuse des partis qui l'ont entravée jusqu'ici. Par suite, il nous a semblé qu'il pouvait être utile d'ouvrir un chantier de travail en commun à tous les socialistes de bonne volonté sans distinction d'école. Nous appelons tous ceux qui, sur le terrain de la liberté et de l'égalité républicaines, travaillent à l'avénement d'une société déliv1·ée de l'ignorance et de la misère, des dernières formes ùu servage ; à la supp1·ession de l'antagonisme des classes, par l'o1·ganisation sociale de la production et de la répartition des richesses. Notre joie est grande de pouvoir ajouter que, dans le socialisme français, tous ou presque tous pensent maintenant comme nous: les groupes ont renoncé à vouloir se rnajoriser ou s'exclure et l'ère des polémiques violentes est bien close; on n'en trouve nulle trace dans les journaux socialistes français. Enfin, ce qui est mieux encore, conformément à une décision prise du Congrès internationnal de Bruxelles. les huit groupements distincts du socialisme militant en France se sonL entendus par la constitution en commun d'un Secrétariat national ouvrier qui, en -vérité sera un Cons('il fédéral de fait. C'est la réconciliation basée sur l'action en commnn, en toutes circonstances où le permettront les div('rgences d'ailleurs décroissantes des doctrines. Au moment où parut la Revue Socialiste (Janvier 1885) le socialisme réaliste, basé sur la puissante et savante critique de Marx et que l'on peut considérer comme une réaction excessive contre l'ntopisme idéaliste frauçais de la première moitié du siècle, était adoptée sans réserve aucune par l'avant-garde du prolétariat des Deux-Mondes. A peu près seuls alors de leur opinion, lP.sfondateurs de la Revue, s'expliquÈ'rent catégoriquement sur ce point, le deuxième de l<rnrprogramme, et voici en quels termes : En outre, convaincus que le socialisme, cette religion humaine des temps nouveaux doit être envisagé au point de vue philosophique, historique et moral, autant qu'au point de vue politique et économique, nous accorderons une large place aux <iémonstrations scientifiques et aux interpretations de la philosophie et de l'histoire. Effectivement l'évolution humaine est une dans l'ensemble des choses et dans le coul's des temps, si elle est multiple dans ses manifestations. Il faut monter haut et voir da loin pour en découvrir la

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