618 LA REVUE SOCIALISTE BELGIQUE Le Con_q1·èisnternational de la m01·alité publique. - Le local de la M~aison du Peuple, de Bruxelles, de\-ient de plus en plus le rendez-vous de tous les hommes de bonne volonté qui s'occupent des divers problèmes ayant pour objet l'amélioration humaine. Le Congrès de moralité, qui comptait dans son sein nombre d'hommes et de femmes illustres, a voulu à son tour rendre visite au local socialiste et y parler du but qu'il poursuit. Volders, en souhaitant la bienvenue aux congressistes a éloquemment affirmé la très grande joie ressentie par les ouvriers socialistes de voir des hommes éminents s'occuper du sort des malheureuses filles du peuple vouées à la prostitution, infàme institution bourgoise à laquelle pourra seule mettre fin la justice socialiste. Puis ont été particulièrement applaudis, M. de Laveleye et Mme Butler. (( J'aime beaucoup, disait cette dernière dans sa péroraison, les mots qui se trouvent sur les deux cartels du fond de la salle : Place aux paum·es ! Place au peuple travailleur! Je voudrais qu'on y ajoute : Place aux femm,es pauvres : >> Nos lecteurs sont trop au courant de cette navrante question pour que nous donnions de longs comptes-rendus sur le Congrès lui-même. L'on y a rappelé que l'infâme et inefficace règlementation du vice reconnu et. patenté est dùe à Napoléon Jer, - que la police des mœurs, c·est la mise hors la loi de la prostituée pauvre, - qne la misère est la plus grande pourvoyeuse de la prostitution, - que l'argent est le plus grand corrupteur, car, avec lui on achète non sen lement la chair à plaisir mais encore le silence sur les scandales découverts, - que la prostitution s'est surtout développée avec la grande industrie et les armées permanentes, - que tous les gouvernements devraient suivre l'exemple récemment donné par les gouvernements allemand et français et ri valiser de zèle dans la recherche des mesures répressives et préventives contre l'odieuse race de::;sou teneurs, etc. L'on a aussi réclamé: L'abolition de la prostitution spécialement envisagée comme institution légale ou tolérée; La liberté du mariage débarrassé de ses inipedimenta militaires et civils, de toute une série d'obstacles, tels que la majorité matrimoniale, les actes respectueux, l'opposition des parents ;
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