La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

616 LA REVUE SOCIALISTE Confor;nément au programme, la première a eu lieu comme nous a.vons dit plus haut. le 27 octobre à la bibliothèque socialiste du 5me arrondissement, 89 rue Mouffetard, an milieu d'une nombreuse assistance dans laquelle on remarquait, la présence de plusieurs représentants des écoles socialistes françaises et étrangères. Le citoyen Galiment donne dans le Pr·olétaire du cours de Prudent Dervilliers, sur La théorie possibiliste des services publics, un résumé que nous reproduisons. Une fois que l'humanité eut abandonné le communisme des temps préhistoriques, la division du travail demeurée jusque-là dans une situation embryonnaire, se développa peu à peu. Les diverses branches de l'activité humaine se continuèrent en métiers bien distincts, réservés soit à des esclaves. soit à des hommes libres des castes inférieures. Toutefois, certaines occupations ne franchirent pas le seuil familial rt restèrent en partie entre les mains de la femme, surtout chez le peuple (confection des vêtements, préparation des aliments, etc.). Plus tard les gouvernants transformèrent les métiers en corporations fermées. Ce cas se présenta en France sous l'ancien régime. Le patron était obligé de ti-aiter ses subalternes humainement et de vendre des marchandises sut· lesquelles le mercantilisme n'exerçait pas encore les ravages. Les statuts des corporations industrielles, malgré des vices organiques, donnaient aux travailleu1·s des garanties qu'ils ont perdues avec l'instauration capitaliste. L'arrivée du Tiers-Etat au pouvoir fit disparaitre les corporations et la réglementation du ti·avail. La concuITence se donna libre carrière. Après avoir, au début, pl'Oduit des résultats avantageux pour le public, elle entraîna progressivement la sophistication des marchandises, lP. ranço1rntment du consommateur, l'exploitation éhontée du sa~arié, l'apparition des soriétés anonymes et le monopole. L'utilité de transformer le monopole en s<irvice public, fonctionnant suivant les cas avec l'aide de l'Etat ou de la commune, se manifesta alors rm certains pays à centralisation capitaliste. Malheureusement, avec la dirtature de la Haute Banque, les services publics ne profitent dans la plupa1·t des ras qu à une oligarchie dont ils servent les intérêts de classe. La petite bourgeoisie, elle-mème, est exclue <leleurs avantages. Chaque fois qu'un nouveau service public se constitue, il importe que Je Parti socialiste fasse tous ses efforts pour lui donner un caractère vl'aiment social. Mais ce caractère ne sera entièrement atteint, qu'après la p1·isede possession de l'Etat par la classe ouv1·iêre. Suivant les circonstances, cette prise de possession sera pacifique ou violente. L'expropriation politique et économique de la féodalité capitaliste une fois réalisée, les services publics pourront être fondés sur <les bases collel'tivistes, parce que l'intérêt individuel ne formera qu'un avec l'intél'èt social. C'est ce que poursuit, par de constantes mises en demeure à la bourgeoisie dirigeante et possédante, Je Parti ouvrier po~sibiliste, tout en tenant compte du milieu dans lequel le prolétariat évolue, c'est-à-dire en répudiant les violences inutiles sans nie1· l'efficacité de la Révolution, si cette extrémité est nécessaire. Dans la seconde leçon du cours qui a eu lieu le 3 novembre, lisons-nous dans Le Prolétaire. sous la signature de Galiment, devant un public encore plus nombreux que la première

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