LE CONGRÈS D'ERFURT 581 <les exploitanls contre l'Etat, selon eux trop Mmocratique, se • manifeste; l'on conviendra que cc n'est ni pour le progrès intel- ·lectuel ni pour le progrès social et que par suite l'évincement par l'Etat démocratique des parasites plou tocratiq ucs, ne mettrait pas la civilisation en péril. A quelque point de vue qu'on l'envisage, la main mise de ,l'Etat sur les monopoles serait profitable à la dignité, à l'indépendance, à la sécurité, au bien-être des travailleurs qui, par le .suffrage universel, auraient en somme la haute main sur l'administration des services _publics. Il y a plus. L'organisation des actuels monopoles d'Elat est des plus -défectueuses; cependant il faut bien reconnaitre que les travailleurs qui en dépendent sont moins maltraités que les salariés des grande;;; compagnies et patronatscol lectifs quclconq ucs. C'est là une vérité de fait qui se passe de démonstration. Et combien serait améliorée la situation, dans le système réformiste propos(!! Tout d"abord il saute aux yeux que dans une nation où, aux oppressifs et onéreLlXmonopoles actuels seraient substituée une rationnelle organisation des services pnblics nationaux et communaux, l'Etat capitaliste aurait fait place à l'Etat socialiste et qu'à la nouvelle orùonnation économique correspondrait une ordonnation politjquc adéquate: cc serait la République fédérative, <l'abord nationale, puis i11ternationale, s'étayant sur de puissantes communes sociales aux attributions étendues. Tous les dtoyens seraient, pa1· l'organisation collcctiYiste du travail, délivrés desservi tudes, des insécurités et des déu uemen ts du salariat. Comment pourraient-ils dès lors être opprimés ou exploités par leurs dél<'.•gués,professionnels dans l'atelier, administratifs dans la commune, politiques ou économiques dans l"Etat? Kons pouvons hardiment dire que la socialisation graduelle des monopoles et des grandes concentrations capitalistes, au lieu de consolider la domination politique bourgeoise, comme le prétirndent à tort les socialistes allemands, contribuerait efficacement à sa destruction et hâterait d'autant l'avénement de la société collectiviste. Il est vrai qu·on pourrait ainsi arriver à une solution pacifique et gr~duelle de la question sociale et faire l'économie d'une révolution violente. Serait-ce un si grand mal? Si la voie révolutionnaire peut être plus rapide combien plus incertaine et plus douloureuse n'est elle pas en revanche ! Outre les irréparables sacrifices de vie humaine qui ensanglantent les jours de lutte, il faut toujours compter, en révolution, avec la longue, l'inévitable et terrible crise de transition et de misère générale, pendant laquelle tout le monde souffre et
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