La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

568 LA REVUE SOCIALISTE « Sur la proposition de Bebel, voici ce que j'ai à dire : J a1 le même programme que vous ; je fais même partie de la Commission du nouveau programme; je n'ai jamais perdu de vue le but final du Parti, la conquête du pouvoir politique; mais leEréformes en vue d'améliorer le sort des travailleurs sont un excellent moyen pour agiter les masses et préparer les bases de la nouvelle société. Je voterai la proposition do Bebel; on ne peut pas m'en demander davantage. <l Quant·à la motion de Oertel, il n'y a pas d'exemple, jusqu'ici, qu'on ait décidé de pareilles questions par des résolutions ayant un caractère personnel,à l'exception, cependant, de l'exclusion prononcée contre Most et Hasselmann. Après mes déclarations, la motion de Oertel n'a plus raison d'être et si le Congrès adoptait cette proposition, ce serait la dernière fois que je parlerais devant vous. » Les applaudissements fort nombreux qui ont souligné cette déclaration ont averti le Comité directeur que si un avait sacrifié les jeunes sur l'autel de l'orthodoxie, on ne voulait pas aller plus avant dans la voie des excommunications. Devant cette manifestation inquiétante, le principal fondateur du parti, l'homme de pensée et d'action qui, depuis quarante-deux ans, sans lassitude et sans défaillance, combat, an premier rang, le bon combat de la démocratie socialiste, Liebknecht, s'est levé et a prononcé ces paroles: « Si Vollmar entend garder son point de vne et recommander sa nouvelle tactique, nous ne serons plus que des opportunistesradicaux, sans aucun caractère socialiste. Là-dessus, il faut que le èongrès se prononce nettement. Les discours de Vollmar ont donné de l'espoir à nos ennemis et des craintes à nos amis. C'est pourquoi il faut absolument que le Congrès déclare ne vouloir pas de nouvelle tactique. Au cas contraire, l'opposition qu'on nous fait se trouverait justifiée. » Avec moins d'intransigeance dans la forme, mais non sans une pointe d'amertume et de découragement, Bebel, qui avait déjà requis contre le député bavarois, monte de nouveau à la tribune: « Je dois, dit-il, me défendre de deux côtés à la fois. Mais l'opposition s'étant retirée, je m'occuperais surtout du discours de Vollmar. Malgré sou habileté incontestable à vouloir donner le change. on voit percer partout, dans les discours de Vollmar, cette pensée : Il faut marcher toujours doucement et avec prudence. « Quand on perd le contact avec le peupl~, on change facilement; ainsi Vollmar, jadis radical, est aujourd'hui patriote et

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