LE CONGRÈS D'ERFURT 565 opposants allaient au-devant del' écrasement ayant, en face d'eux, des hommes comme Liebknecht,Bebel,Singer ,Auer,Grillenberger Fischer,émérites tacticiens dirigeants qui en unt bien vu d'autres et qui ont derriÈ're eux de longues années de glorieux et incomparables services rendus à la cause socialiste. Les Jeunes n'ont pas même su attendre l'expulsion qui aurait pu les rendre intéressants; après s'être déclarés les seuls dépositaires des traditions révolutionnaires du parti,ils s'en sont eux-mêmes exclus et sont repartis pour Berlin où ils organisent· des meetings de protestation dont le Comité directeur, qui s'est donné quand même le tort de les èxpulser, n'aura pas, selon toute apparence, beaucoup à pâtir. Autremect grave, était l'opposition de droite personnifiée en Vollmar. Vollmar est une des illustrations du parti; c'est lui qui à Zurich, en 1879-1880,rédigeait le So=ial DenioJwat qui, si vaillamment soutint la lutte contre la police bismarkienne.Vollmar était alors pour la discipline de fer et il se prononça inexorablement pour l'expulsion de Johann Most, non encore anarchiste et coupable seulement d'avoir opiné pour que le parti répondit par une attitude plus révolutionnaire aux: per~écutions gouvernementales. De même Vollmar approuva plus tard l'expulsion que nous n·avons pas non plus à apprécier de l'ancien lassallien Hasselmann, devenu un révolutionnaire indbcipliné (1). Orateur imposant et maître de lui-même, en même temps qu'écrivain nerveux et précis, Vollmar qui, après un séjour de deux ans en France, était retourné en Allemagne, en 1883, fut l'objet d'élections multiples et se plaça vite au premier rang aux côtés de Bebel et de Liebknecht. Il s'était un peu écarté dans ses dernières années, limitant son action à la Bavière, quand tout à coup il appela défavorablement l'attention sur lui par un discours chan vinique et approbatif de la Triple alliance. Ce n'est pas seulement le parti socialiste allemand, mais toute la démocratie socialiste européenne qui s'éleva contre lui .à cette occasion, et le qualifia de défectioonaire. Vollmar a senti la faute commise et a un peu atténué au Congrès ses précédentes déclarations. Ses attaques contre la Russie et sa réprobation de l'alliance franco-russe, application de cette parole de Marx, par lui habilement rappelée: « Quiconque s'alliera aux: Cosaques perdra les (1) Vollmar a rappelé imprudemment le souvenir de ces deux expulsés pour déclarer qu'il ne rnulait pas être traité comme eux, pn voit qu'il n'est pas partisan du patere quam ipse fecisti legem.
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