501 LA REVUE SOCIALISTE Sans doute l\f. Bebrl est au,iourd'hni encore un adversaire décidéde l'ordre social actuel. Mais il espère - et ici git son changement d"opinion et son désacord avec les Jeunes - il E>spèrc pouvoir s'approcher de son but, en niarcha11t sur le terrain de la législation et de l'J~tat actuel. C'est reconnaitre. du moins pour Je quart-d'heure, rétat des choses existant, et s'y soumettre ; c'est cesser d"ètrc révolutionnaire pratique pour devenir révolutionnaire théorique ... ~r. Bebel et tonte la direction de la démocratie socialiste - en c0la les Jeunes ont parfait0ment raison - sont 011train de devenir pos ibilistes : dans le fait, le tolera,·i posse 0nvers r f,:tat actuel ù déj:'I.été prononcé.>> Quelqu0s jours après, le mèmc journal revenait sur la Congri·s d0 IIalle. dans le. termes sni vants plus explil;itcs 0ncore: « D<\jù.d'ici apparait clairenH'nt !"esprit qui domine J"ass0mlllt'·c'. c·0st !"opportunisme, le soin presque exclusif de'-; tùchcs <lu rnorn0nt ... Celt<' Lpn<lanc<' so réYèlc il tout propos. Exceptionn0llemcnt imporlanl<' est l'aLLitude prise par le parti au sujet de la « loi <l'airain >i. Tandis que le représ0n.tant ù0. Jew1fs se réclr11nait de Cl'lt<' loi pour prou,·er lïmpossihililé <l'obtenir drs am(·liorations séric•tlSl'S po11r la classc· ouYrièr<' dans la soch'.·té actuc,llc, tL\I. Jkl>d d Liebknecht . C' récriaient contr(' cl'ltc aflirmation, en d(,claranL <111ela loi n'existe pas, qu0 la sciencP ra r0fllt<•<', etc. >i Vi11alern0nt la Ù't1illP lihl•rale, mise 011gout par 10 rnle surla n(·c<'ssil<·d'un 11011n'all prog-ramm0, saluait, par anticipation. 1111 nourf0/1 Jiftl'li ,i/rn·111iste dans ce qui avail été jusq11'ici un po1•/i llr {1fs/,·1rcLiull <'L cli',Lnrait son appréciation commC' s11it: « Celui qui est allt'· a11ssi loin que l0s chefs <lela démol;rali<' socia1islc' dans l'appr<'.·cialion dC's besoins dC' la viC' cl l'étal actuel n'C'st aprè::i tonL pas bi<'n loin de renoncer, ÙC'par 10 déYeloppenwnt logique Ü<' sa ]>C'nst'·e, il tous ses plans <l':1\'enir, surLouL lorsqu'il doiL avo11cr, comme l'afaiL ~r. Lit-bknecht, qn'il ne sait pas trop CC'que s0rail le futur Etat socialiste. » On Yl'tTa plus 10111co111bi0n le u,·eJ1:.7Jotr,1 était loin de compte. Les Jeunes <le 1801. toujour:-; dirigés par \\'erner et par leurs orateurs les plus habituels Auerbach, \Yil<lberger, Bag-inski, LamprechL, I3aclhge, Schullze, 0tc.,ont bien voulu garder leur attitutlc réYolutionnairc; mais ils n'ont guère su la justifier. Ils se sont plntùt montrés de simples mécontenls et les griefs qu'ils ont fait valoir sont surtout <les griefs <le personnes. Nulle envolée théorique (autant que nous en pournnsjngcr par les compte-rendus écourtés de la presse), pas de vue d"cnsemble, pas de projet de nouY0au programme (!"occasion était pourtant belle), des récriminations seulement. Dans ces conditions, les.
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