CAnET ET LES IC.-\RlENS 517 aux Etats-Unis que le Christ descendrait, sur un nu:.ige, dans une plaine, auprès de Boston. Quatre mille personnes, parmi lesquelles quelques unes des mieux élevées, allèrent camper à l'endroit désigné et prêtèrent, pendant trois jours, une oreille attentive à la trompette du jugement dernier, qu'elles s'imaginaient entendre retentir à chaque instant. Le règne dp Dieu, substitué bientot à celui de l'homme a beaucoup contribu(, au développement des communautés religieuse et il a· une large part dans les progrès des Mormons. Moitié enthousiaste, moitié fourbe, leur fondateur croyait, diton, fermement à cette imminente éventualité et 1·0xploitait, en tous cas, comme une mine féconde. Au point du Yne social, les clas. es pauvres et déshéritées sont attirées dan le giron des « Saints des derniers jours» par des avantages érieux et pratiques. La dime payée à l'église produit un fond de ré.-erve toujour. croi!-.sant et vient au secours <ln néophyte qui n'apporte que ses bras et ses forces musculaires. On l"aiùe activemc'nt à con truirC' une maison à défricher un morceau de terre, ù devC'nir, en un mot, propriétaire. Arrivé, sans rien, le travaillenr acquiert Yite l'aisance et contribue. ,'t son tour, ù la dime qui, par une sage réparti lion, relèvera d'autres comme lui. Il y a dans cC'cicomme anc a suraoco mutuelle contre la misère et SR guél'ison immédiate. Quant ù la polygamie, qui n'est pas plus universelle au bord du Lac Salé quo dans les pays musulmans, ellC' 1ùt pa:s Je caractèl'e sens11el et voluptueux qu'on SC'rait <lispo é c't lui attribuer. Dans la pl11pa1-tdes cas, elle se traduit par la répartition économique ùu trantil d'un ménng-c. Yoilù un laboureur ou un ouvrier, dont la fC'mme doit soigner les enfants, faire la les ive, préparer le rC'pas et qni demande nne diminution de <)orvées. Louer une scrrnnlc gr0vcrnit le couple d"une dépense sensible. Il paraitra plu~ simple ù cc laboureur d'en épouser une et la première femme, qui se trouvera soulagée dans ses occupations, loin de mettre ob tacle au parta 0 ·0 des plaisirs conjugaux, y souscrira le plus souvent avec empressement Rfin de s'assurer plus de repos et do ne pas surcharg·er le budget. La servante pour sa part, préfère ù nn salaire, la position relativement honorable qu'elle occupera dans la maison. Puis, avec la coquetterie et la vanité qui caractél'ise son sexe, elle se flattera ùc sortir victorieuse d"ttne lutte matrimoniale, où la nouveauté a tont"s les chances de prévaloir sur l'ancienneté et de devenir, par le fait, la maitresse du logis. Il peut arriver qne la lutte reste indécise: alors les deux femmes se diront: « Pnisq_uenotre homme ne fait pas de différence entre nous, autant
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