SUPPRESSION DU TRAVAIL AUX PIÈCES ET A FORFAIT 535 et de nouveau les ouvriers y répondirent en travaillant davantage. Au bout de quelques années de ce régime, l'excès de travail y fut à son comble. Au lieu de travailler dix heures comme autrefois, les ouvriers furent obligés, pour arriver à gagller leur salaire primitif de trois à quatre francs, à travailler, en été, dès quatre heures du matin, jusqu'à sept heures du soir ! A l'heure du diner. au lieu de prendre une heure pour manger, ils ne prirent qu'une demi heure ou un quart d'heure; d'autres mangèrent en travaillant. Habitués à faire toujours le même travail, les ouvriers sont réduits au role de machines. On a calculé qu'ils sont parvenus à faire des cheminées en marbre trois fois, m•1me quatre fois plus vite qu'auparavant. Le mème système de tra\'ail aux pièces a été implanté dans l'industrie marbrière en province et à Bruxelles et a eu pour les ouvriers, des résultats tout aussi déplorables. An bout de dix années, on est arrivé à faire faire pou 1: six francs des cheminées qui auparavant coùtaient vingt cinq francs de façon ! Ce qui est arrivé dans l'industrie de la marbrerie a eu lieu également dans bien d'autres industries. Qui donc igllore ce qu'a produit le travail aux pièces dans l'industrie des meubles? Là aus~i l'excès de travail est méconnu et les conséquences en ' sont fùcheuses pour les ouvriers. Dans la cordonnerie, il en est de même. Et les tailleurs, ne sont-ils pas, eux aussi, exploités à outrance par suite du travail aux pièces? Certaines mai 011sde confection font faire des vêtements;\, des prix dérisoires. Dans la morte saison on offre des salaires de famine ponr la confection de costnmes et si l'ouvrier réclame. on lui répond quïl y en a cent antres qui ne demandent pas mieux que de travailler dans ces condiLions et le malheureux accepte, parce qu'il préfère, en travaillant seize ou dix-huit heures par jour, gagner trois francs que de mourir de faim. Les typographes, eux aussi, sont victimes du travail aux pièces et Je dernier nurnéro de la Fcdé1·ation Typoorapllique Belge (1er aoùt 1891) consacrait son premier article au travail aux pièces. Ce système sévit partout et dernièrement, à Londres, une enquête a été ordonn(,e par la Chambre des Lords sur ce que les Anglais appellent le sweeting system, (système de la sueur) enquête dont les résultats out fait crier au scandale. Le travail aux pièces est donc meurtrier au suprême degré. Si les statistiques de mortalité étaientlfaites d'après les professions, il est certain qu'elles démontreraient que dans les professions où
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