La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DE LA. SOLIDARITÉ SOCIALE 5lî fant de toute nécessité de rationalité, supposer l'atome composé an moins de deux eléments, et, comme on ne peut pas concevoir -ces deux composantes de l'atome autrement qur dans une étroite dépendance qui les unit en un atome, nous disons que cette dép,mdance réciproque des composantes de l'atome, constitue précisément Le fait de solidarité le plns élémentaire, le plus réduit, qne nous puissions roncevoir, puisque, sans cette solidarité, l'atome ne peut ni exister ni se concevoir (1). D'ailleurs qtiand mt\me on supposerait la réalité des atomes simples, ce n'est ni La loi d' Att>Ytction ni la Gravttation, ni le 11louvenient qni pourraient nous permettre de comprendre la genèse cosmiyue, puisque, ni l'atome, ni le mouvement ne peuvent exister 1 ni être concevables« en soi» et, qu'il faut toujours supposer un centre d'attraction ou de gravitation et au moins un point dans l'espace par rapport, auquel le mouvement d'un autre point ou d'un atomepentseulement exister. D'antre part, toutes les sciences aboutissent à nous démontrer la naissance, la formation de tout ce qui est pour nous, de tont ce qui existe par rappol't à notre mentalité, et notre con11ais.ance, par nne différenciation infinitésimale d'avec une autre chose: toutes nos sensations et conséquemment toutes nos idées des choses sont conditionnées, c·est-ù-dire. ne peuvent exister en deçà ni audelà de certaines limites,qui les constitnent ou les déterminent: -c·est ce qui est clairement démontré aujourd'hui pour le son, la lumière, la chaleur, dont nous ne pouYons percevoir les vibrations ou les ondes en tant que son, lumière ou chaleur en dehors d'un 110mbre déterminé de vibratiollsà la seconde. Enfin, toutes les sciences nous amènent à la nécessité d'admettre la tendance genfrale, universelle 1:1. passer d'un état chaotique ataxique, inorganisé en un état ordonné, organisé; d'un état d'équilibre indifférent à une équilibration de plus en plus stable; d'un état hétérogène·à un état homogène, d'une pha~e d'individuation à une phase d'intégration (2): c'est la loi d'Evolution. A moins de vouloir nier tous les faits de la scie!.lce, nous voilà donc ramenés à la nécessité de revenir à la conception du chaos prim,itif. La science moderne prétend nous expliquer tout avec le mouvement: il est certain que l'universalite dn ( 1) Voir notre cosmogenêse spontanée dans notre création naturelle, spontctnée nécessaire et éternelle. (2) H. ::,peneer emploie précisément ces expressions pour bien montrer que la phase de constitution (intcgration) des choses est pr·écëdée d'une phase d'isolement, ù'independance, d'cquilibration i11différent.e (individuation) des composantes. Cela ne nous empêche pas d'employer ce mot dans son vieux SC'OS de formation de l'individu ou de l'individualité.

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