La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

51G LA RE\'UE SOCIALISTE versrllc qnc Lraduit assez bien cc qnc nous pouvons appeler la solidrt,·ite u11ire1'selle.Par solidarité, en effot, nous entendons la mutuelle dé·prnùancc d'un Tout et de ses Partie:; (soliclus, entier) qui en cons Li lue l' li/lite dans la pluNrlitë, q uïl s'agisse d'un corps physique solicle (1) on d'un corps organique 'Cii;a,it ou de l'univers Lout entier: Lonjours la solidarité unis ant des parties différentes, nous ùonue la clef de toute incli'l;iclualité, que celle-ci soit d'ot·dt·c COStiii(JUe, phijSÎ(_JUe, o,·orrnùJlte, JJ/O}'(fl ou social. De sorte que la soliâa,'ite ést la co>tlli/ion necessrrire âe toute f)l(lil'irlualit<;, et que la cessation de la solidal'ité entraine la dissociation do l'individualité. C'est en effet cc qui prouve l'étude des faiLs depuis la ge,u•se cos11iir11te lles ast,,es aux dépens. de la nébuleuse primitive, jusqu·ù la reproduction organique ou gendNlfion par HssipariLé et bourgeonnement, on par endogenè:è (o,·iparité, viYipariLé). Seulement ce qu'il importe do bien comprendre c·est qnc la soliùariLé est l'expression de la co,ulilivn d'ex·steJ1ce de l'individualité, au lieu d'en être la cause: c·est-ù-ùit·e qu'elle est la condition, la mesure de l'équilibration réciproque des Parties dans le Tout. L'EquilibraLion, c·est-ù-ùirc la le11{lw1ce wtive1·se/lC' ir l'éfjUilibre IJ.lti <:1J11slituC' le 1noucP1ne11t wlirerset, nous apparait comme la ('ause de l'wtiuei·sel et de1'11et clere11i1· tandis quo la soliJarité, c·c,st<tdire le moùr spécial d'équilibration réciproque des coniposrm/es dans un Toul t1urkonque, nous semble' le' moJc unin~r:-;el de [)e11i:se, do tou L ce r11t i est i1uli1)tdue lle m,e,it. Par cxi:-;tence individucllr, par i1tdtrüluolion nous cntentlons, est-il bc::.oinde Je répéter, touL cc q11irépond clans notre' mentaliLé ù. une Uttiü>, une <·11ü;(]Oi',C, une ellose clistincle d'u11e 1,ztt,·e; ainsi, par exemple, notre syslèmc solaire consLitnP une indi vidnalité par rappot'L an Cosmos on ù l'nni vers céleste, un a Lome forme aussi une i11dividualit0, nnc société égalemenl. Il suffit, en effet, de réfléchir pour compt·cndre, qu'une chose ne peu L existe1· pour nons,c·est-ù.-Jirc c\Ll'cperçue, ètre co,uirrissrrble dans notre mentalité,. ans a,·oir au moins un c:i.ractèrc quelconque qui la distinguo des antres choses et du néant. c·csL pourquoi, nons ne pouvons ni connaitre, ni conce,·oir la chose absolument simple, uniqne, la « chose en soi ii. C'est ponrqnoi l'atome absolument simple, Lel que Ycnlcnt le cléfcndt·c les partisans de la théorie atomo-mécanique est, en réalitt'•, Lout ù. fait inconcevable (1), il (l) Cette expre!'-sion <le solide pour traduire cc qui est physique se retrouve jusque clans la thèorie atomo-méeanique où nous ,·oyons« l'atome" envisagé comme un corps« solide » absolument simple, ce qui est légèrement contracl1ctoirc, \'Oir Stallo: loc. cit. (2) \"oir ..:tallo: La Jlatiè1·e et la Physique Modeme.

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