La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

498 LA REVUE SOCIALISTE Andrea Costa, Cavallotti, etc., qui se refusent à suivre le crispant gouvernement italien dans la voie sanglante et régressive où l'ont attiré l'Allemagne et l'intérêt dynastique.Le prolétariat est,lui surtout,resté fidèle aux grands intérêts populaires de l'Italie. Le parti ouvrier italien affirma à plusieurs reprises ses sentiments d'union latine et de solidarité révolutionnaire. Qµant aux associations mazziniennes, elles ont toujours eu une attitude admirable. La démocratie italienne reste la sœur de la démocratie française.Les compatriotes, les descendants et les anciens compagnons d'armes de Garibaldi,auquel nous avons enfin élevé une statue,sont venus apporter à la République Française et au peuple français l'attestation des sympathies de l'élite du peuple italien. Pour accueillir fraternellement ces hotes de paix et de justice, des hommes venus de tous les partis, de tous les journaux républicains se sont constitués en Comité, auquel a adhéré la Riroue Socialiste, ainsi que le témoigne l'extrait suivant du Siècle : (( Nous recevons de notre estimé confrère M. Benoit Malon, la lettre suivante, au nom de la 1{ev11e Socialiste : Paris, le 24 septembre, Mon cher confrère, je vous prie de bien vouloir compter la Rev11e Socialiste parmi les périodiques français adhérant au juste hommage que la France rend à Garibaldi, le glorieux champion de la République et de la liberté des peuples. Comme il avait tous les héroïsmes, le vainqueur de Montevideo, de Naples et de Dijon avait toutes les génerosites, et la République pour laquelle il combattit toute sa vie, c'est la Republiquc démocratique et sociale qu'il voulait voir, consacrant la justice sociale en même temps que la liberté politique. Dans sa proclamat;on aux volontaires de l'année des Vosges, datée du 13 octobre 1870, il disait: (< Le noyau des forces cosmopolites que la Révolution française rcunit en ce moment, formé d'hommes choisis dans l'élite des nations, reprcsente l"avenir de l'humanité, et sur la bannière de ce nouveau groupe, vous pouvez lire la devise d'un peuple libre qui sera bientôt le mot d'ordre de la famille humaine : Tous pour 1111, 1111 pour tous. >> C'est là parler en socialiste. Aux plus tristes jours de la réaction de 1871, quand l'Internationale était le bouc émissaire de tous les pechés du peuple, Garibaldi, eleva noblement la voix en faveur des vaincus et prononça ces prophétiques paroles, qui eurent un si grand retentissement : « l'lnten1atio11ale est le soleil de l'avenir. >> Ce ne sont donc pas seulement les patriotes et les républicains qui doivent honorer la mémoire imperissable de Garibaldi, mais aussi les soeialistes, et pour notre part nous ne l'oublions pas. Reecvez, mon cher confrère, l'assurance de mes meilleurs sentiments. B. MALON, Directeur de la Revue socialiste, a11cie11secrétaire général du Comité fra11co-it,J/ie11de 18S9. D'autre part, Benoit Malon a été prié d'adhérer au comité francoitalien de Nice, organisé sous les auspices du cercle Giuseppe Ma{Ziui,

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