1ûü LA REVUE SOCIALISTE annéc-c:, M. Matkin, de Liverpool, proposa que le gouvernement anglais se mît en rapport avec le, gouvernements étrangers pour obtenir une conférence internationale sur ce sujet. Mr Young. délégué des mineurs de orthurnberland, proposa un amendement exprimant lïmposibilite d"établir une journee universelle de travail sans infliger aux travailleurs des torts sérieux dans les districts et les contrces où les conditions sont défavorables pour sc procurer les moyens de subsistance. L"amendement fut rejeté par 302 voix contre 1 ,6. Mr. Keir Hardie, un délégué ecossais, candidat socialiste aux prochaines clections générales, demande d"ajoutcr a la proposition de Mr Matkin la phrase suivante : « Ce Congrès réaffirme la décision du Congrès de Liverpool, relative à un jour legal de huit heures. » Cet amendement fut adopté par 232 voix contre 1 :;6. Un amendement d"un délegué de Manchester, proposant de laisser de coté le nombre d'heures du jour de travail international, fut rejcte par 323 voix contre 129. Un délégué de Hull proposa comme amendement que le bill pour la réduction des heures de travail fût soumis à l"option de different; métiers et qu'il ne devînt loi que lorsque les deux tiers, au moins des ouvriers syndiqués d'un métier !"auraient adopté. Cet amendement fut voté par 242 voix contre 156, et devint alors la proposition substantielle. Un délégue demanda au président si cet amendement n'annulait pas la proposition de Mr. Keir Hardie, votce prccédemment, et le président répondit qu'en effet il renversait la décision du Congrès de Liverpool, mais que le Congrès actuel n'était pas lié par les Congrès précédents. Mr. Quelch et Mr. Ben Tillett parlercnt alors contre la clause d"option ; toutefois ce dernier dit qu'il se rallierait à un bill permissif, à condition que l'option fùt soumise a tous les ouvriers d'un même métier et non aux ouvriers d'tm district particulier. Mr. Cowcy, délégué des mineurs du Yorkshire, appuya la nouvelle proposition qui fut combattue par Mr. John \",lard, un terrassier d'une rare éloquence. Un délégué de Manchester, Mr. Maudslay, opposé à toute limitation légale de la journée de travail, attira sur lui une tempête d'indignation en disant à ses adversaires qu'ils cherchaient à se rendre populaires parmi la vile populace. Le président l'invita à retirer l'expression blessante dont il sctait servi et Mr. Maudsley la retira. Alors Mr. Keir Hardie dont !"amendement venait d'ètrc renversé, en proposa un autre. L'amendement du délégué de Hull proposait un bill général de huit heures laissant aux divers mctiers !"option de le mettre en vigueur. C'était leur conférer le droit d'accepter la loi. Mr. Keir Hardie, dans son nouvel amendement changea ce droit d'acceptation en un droit de refus : La loi des huit heures serait applicable à tous les métiers, excepté dans ceux dont les deux tiers au moins des membres syndiqués protesteraient par un scrutin contre l'adoption de la loi. Après une longue discussion cet amendement fut voté par 2ï5 voix contre 183. Remis ensuite aux voix, comme proposition principale, il fut adopté par 341 voix contre ï ;, au milieu d'un grand enthousiasme. Ainsi se termina la bataille de huit heures au Congrès de Newcastle. Le Congrès adopta ensuite une proposition elevant à treize ans l'àge minimum des enfants des deux sexes employes dans les manufactures et les industries. Puis vint la question de la rémunération des députés. On sait que l'Angleterre est la seule nation parlementaire où les députes ne soient pas payés. Cette mesure aristocratique est le principal obstacle à l'envoi des députés ouvriers à la Chambre des Communes. Certains collèges électoraux, composés surtout de mineurs, ont surmonté cet obstacle ~n payant leurs députés de leurs propres deniers, mais il faut pour cela que ces mineurs soient admirablement organisés en syndicat et jusqu'à présent il n'y a guère que trois ou quatre députés (et entre autres le président du Congrès, Mr. Burt} qui soient payés par leurs électeurs. La proposition que les députés fussent rémunérés par l'Etat fut votée à la presque unanimité. Cette question va ·venir le mois prochain à la session annuelle de la National Liberal Federation qui va aussi se t_enir à Newcastle, et les libéraux ont grand espoir que Mr. Gladstone, qui doit prononcer un grand discoursprogramme à cette occasion, en fera une des réclamations du parti libéral. Adopté aussi à une grande majorité la proposition de Mr J.-H. Wilson (le délégué
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