La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

~IOUVE~IENT SOCIAL EN FRAXCE ET A L'ÉTRANGER 1Q} Il faut donc règiemeuter le trarnil <les femmes accouchées, même en <lehors des établissements industi-iels, car nos ouvrières agricoles sont dignes de la même sollicitude; mais il faut le faire sans rudesse, pour la périodt> strictement indispensable à la convalescence de la mère et au salut de l'enfant, en tenant compte des besoins de l'ouvrière pendant la durèe du chômage obligatoire. tn Allemagne, le médecin reconnu pat· l'Etat jouera un rôle important dans l'appréciation des forces; d'un autre côté, le système des caisses et des assurances dèjà existantes y écarte toute crainte de dènùment. En France, nous devrons à la fois légiférer sur l'interrliction et créer l'assistance: c'est bi~n ce qui se dégagè de l'attitude de la Chamb,·e, qui n'a pas semblé vouloir procéder sëparément à J'~xamen de ces deux points. Afin de permettre à la Commission du travail de se saisir de cette question dont le caractère d'urgence est indéniable, j'ai l'honneur de présenter la proposition de loi suivante, qui n'aura d'autre mérite que de servit· de point de départ à une étude approfondie de la question. PROPOSITIO::-: DE LOI Les femmes accoui:hées ne peuvent être adm.ises au trarnil qu'après une période de repos déterminé suivant leur genre de tra1•ail et l'ètat de leur santé. Pendant cette pèriode qui ne pourra clèpasser quatre semaines, elles recevront une indemaitè. Celle-ci leur sera acquise, pour une semaine au plus, si elles ont cessé J_, travail avant l'acconchement. Ces indemnitès seront fournies par une Ca-isse de Maternité établie dans chaque établissement et alimentée moitie par l'Etat, moitie par le département. Cette caisse pouna recevoir les dons ou legs des patrons et <les particuliers : elle jouira de la personnalité ci vile. LECONGRÈDSESSOCIÉTÉCSOOPÉRATIVES DE CONSOMMATION Nous sommes de ceux qui se souviennent que la eoopéralion est une idée française dont l'honneur re\'ienl à Restif de la Bretonne el surtout à Fou,·icr. Et nous estimons non seulement que le mouvement coopératif initie l'élite des ouvriers à l;-tquestion si importante de la direction commerciale el industrielle, mais encore que la pratique el l'expérience de la coopération prf1parent, daiis une certaine mesure, l'avènement d'un ordre social plus équitable. Sans être aussi optimiste que MM. Charles Gide et Vausiltarl Neale, nous somme& cependant forcé de reconnaitre que le régime coopéra li_f,en se généralisant, tend à détruire la concurrence el à réaliser un régime quasi-socialiste. C'est ce qui a été admirablement compris par le Parti Ouvrie~

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