LA REYUE SOCIALISTE nous en consolerions aisément s'il ne s'agissait on même temps do nous et des notres. >l D'autres, moins violents cependant, mirent en avant cet argument siilgulior que l'intervention dos pouvoirs publics dans la construction des maisons à petits loyers aurait pour effet de démoraliser le prolétariat. A cela Louis Bertrand, dans un livre que nous avons déjà cité (1), répond fort justement: << Est-ce que les riches qui vont à l'Opéra sont démoralisés parce que ce théàtre est subventionné? Pas le moins du monde. Ils voudraient que la subvention fùt doublée à oondition qu'on diminuât de moitié le prix de leurs loges ou de leurs fauteuils. Certaines villes possèdent des immeubles qu'elles louent à des particuliers, à des bourgeois. Pensez-vous qne ceux-ci sont démoralisés pour cela? << Au surplus, actuellement, on vient en aide aux indigents en leur accordant des secours de la bienfaisance publique. On reconnait qu'il y a là un devoir social à remplir. Dans ce cas, nous le concé'dons, il y aurait lieu de trouver démoralisant l'acceptation d'un secours en argent ou en bons de pain, de charbon, etc. « Mais si les villes foL1rnissaient des logements à très bon compte aux ouvriers, en se contentant cl\rn revenu réduit de 3 à 4 1/o, il n'y aurait là rien d'immoral ni de démoralisant pour ceux qui profiteraient de cet acte de bonne administration. « A Bruxelles, notamment, la ville fournit aux habitants reau et le gaz, à des conditions meilleures que ne le font les compagnies de capitalistes dans los autres localités; et eependant, elle réalise encore un b?•néficedont profite la généralité, par une réduction dïmpôts. « Pourquoi donc ce qui est bon pour l'eau, le gaz, etc., ne le serait-il pas pour le logement? l> C'est évident et Bertrand a raisonnablement conclu dans une brochure subséquente (2J à une intervention sociale énergique. « D'abord,dit-il, l'administration communale devrait exercer une surveillance continuelle sur les habitations.Il existe encore, dans les villes, des quartiers habités par des pauvres et dont les masures sont infectes et malsaines. La première chose à faire, (1) Louis Bertrand : Loco ci tato. (2) Le Socialisine Coininunal, Bruxelles 1890. (2) Louis Bertrand; loco citato.
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