442 LA REVUE SOCIALISTE congestion au foie amenée par un excès de travail. Il a dernièrement abandonné le professorat libre pour accepter une chaire d'histoire anglaise municipale. Il fait aussi un peu de journalisme. Indolent de nature, il est devenu travailleur en devenant socialiste, bien que cependant son travail actif demande un grand effort de volonté. Son bagage littéraire socialiste con~iste en quelques articles importants, le plus important étant celui qu'il a publié dans les« Essais fabicns >> et qui a pour Litre la « Propriété sous le Socialisme >). Sidney Olivier. Ainsi que le montre son nom, Sidney Olivier est d'origi no française; ses ancêtres se refugièrent en Angleterre lors de la révocation de l'édit de Nantes. Comme son ami \Vallas, il est fils de clergyman, né en 1859 dans le Wiltshire. Il fut toujours nn élève modèle et entra, encore comme \Vallas, nvcc une bourse ù Corpus Christi college, à Oxford, où il se fit remarquer dans les jeux athlétiques. Il est en effet fortement charpenté, de haute taille. Il tint la place de premier rameur dans le canot du collège. En quittant Oxford, il alla en Allemagne avec \Vallas, y passa plusieurs mois pour étudier le langage. A son retour il concourut pour rentrer dans l"administration (ministère des colonies) et fut admis. Il y est encore, collègue de son ami Sidney \Vebb. Lui aussi fut révolutionné par Henry George, et de concert avec le révérend Stewart Headlam (un (t fabicn ») champion et plusieurs autres il fonda une revue appelée(< The Ch1·istia,i Socialist J> qui n'avait qu·un chr~ticn pat·mi sa rédaction. Ce fut Olivier qui convertit "rebb et \Vallas au socialisme. C'est un taciturne et un piocheur. Comme Eland, il est ma!'ié ; sa femme est la fille du ju?ie Hamerstam Cox, de Tonbridge ; il a trois filles. De 188'3 ù 1889 il fut secrétaire de la Société fabienne. Dans le socialisme, c·est le coté moral et politique qui l'intéresse le plus,et il fait une étude ~péciale de l'œuvre de Zola pour en faire ressortir une leçon socialiste. 11 connait très bien la liltérature française, de mème qne !"allemande. C'est un orateur médiœro, à la diction empàtéc, aussi ne s'adonne-t-il pas aux conférences publiques; quand il on fait une, il la prépare dans le silence du cabinet et la lit; elle est alors fort bien tournée, car c'est un écrivain de talent. Sa contribution aux c<Essai::;fabiens » consiste dans une étude intitulée « La Base morale du socialisme. »
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