La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

102 LA REVUE SOCIALISTE menace Loules les existences, t0u les les familles, en un mol Loule~ les classes. Le mal social, d'ailleurs, peul-il n'a lleir1dre qu'une classe el ne pas se propager par contagion à tout ce qui l'entoure? La misère gagne el monte sans cesse, ainsi que permet de le constater l'encombrement des carrières dans toutes les professions et surtout dans les professions dites libérales. Le corps professoral n'est pas plus à l'abri de celle calamité,on l'a pu voir, par le corps méJical, la corporation des avocats, celle des employés, des journalistes, etc. Quant aux professions manuelles, commerciales, industrielles, agricoles, confondues sous ce nom de petit commerce et. qui t:onsl.iluent ce qu& nous appelons la petite bourgeoisie, ne les voyous-nous pas partout écrasées el dans l'impossibilité absolue de lutter? Ne voyons-nous pas la haute boUT'geoisie elle-même ou ce qui la représente: les grandes industries, les vasles exploitations rurales, en proie à des malaises, à des crises qui les obligent à se préoccuper de problèmes autrefois dédaignés. Ces circonstances ont contribué, à côté de beaucoup d'autres, à déplacer le mouvement social el à le transférer des classes ouvrières où il s'était strictement confiné, aux classes éclairées: la classe bourgeoise el même la classe riche. En se dépl:-tçant ainsi, l'axe du mouvement social a déplacé égnlemenL non les éléments du problème, - ces éléments devant èlre pal'Lout el toujours les mêmes - mais les conditions de la rechèrclte des causes, les condilions de la solution à venir aussi. JI esl évident que, dès l'instant où les classes instruites s'emparent du sujet, il y a plus à espérer quant à la solution prochaine el définitive. Les ouvriers nous renseigneront bien sur les difficultés de leur situation ; il leur sera difficile sinon impossible de remonler ~ la source profonde el cachée de leurs maux. Les Bsclaves ne s'émancipent pas eux-mêmes; sans cloute, ils sont la force, ils son Lle nombre ; mais la vraie puissance leur manque. Cette V l'aie puissance, c'est l'intelligence. EL t::'est par l'intelligence, c·esl-~-dire par les classes éclail'ées, que le progrès s'accomplit. Nous ~ornmes donc autorisés à concevoir les plus vives espér,:inces ~ur la solution prochaine lorsque nous voyons ,c,3 qui se passe en ce moment, les éludes sociales se répandre partout dans les classes qui, au moyen de leur talent, de leur mérite, de leur fortune sont plus en situa lion que les lravnilleurs manuels de pouvoir remonter des effets aux causes. Ces classes apporleronl elles-mêmes de nouveaux éléments d'apprécünion du pl'oblème, et, en élargis~anl les points de vue, elles arriveront plus aisément à une synlhese complète.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==