REVUE DES LIYRES 3î7 Mme Renard, la délicate et spirituelle satire d'une excentrique miss américaine, bien curieusement campée. De ravissantes vignettes de Henri Golliez, un artiste suisse de réelle valeur, accompagnent le texte de Autow· du Lac Léman. Le Fi Balouêt que vient d'éditer la Bibliothèque r1rtistique et littb·ail'e fondée par la Plume est l'œuue de début de i\1. Jacques Renaud. C'est mieux qu'une promesse. Ce lil'rc est l'œuvre d'un esprit vigoureux, sain, dont l'ivacP. est la faculté d'obserrntion. Les nouvelles qui le composent sont de sincères études de la vie rustique. dans une note originale et personnelle. Les paysans y sont dé.peints par quelqu'un qui a vécu leur vie et la connait bien. L'auteur a insisté particulièrement sur l'égoïsme et' la cupidité paysanne. C'est là, il est nai, la caractéristique des primes natures dépour\'ues cle toute orientation supérieure. Nous aurions voulu que l'auteur, répudiant la théorie de l'impersonnalité, en art, qui est fausse, n'hésitons pas à l'al'Oner, indique la transformation possible <leces ca1·actères par des conditions d'existence meilleure, une éducation nouvelle. Le paysan, qu'on ne l'oublie pas,a été plus longtemps que l'ouvrier de la ville, courbé sous le joug féodal, - il en reste encore quelque chose. M. Renaud a bien noté cela dans un court tableau intitulé Chasse 1·ésel'vée. Le Fi Balouët, la nouvelle qui donne son titre au volume, met en scène la lente agonie d'un rustre, qui s'est quasi suicidé pour échappe1· à la conscription. Le Devin est une amusante histoirè de sorcier. Tarde à c1·ever dit les souffrances d'un pauvre \'Îeux, considéré comme inutile et dont l'existence est comptée comme moins précieuse qne celle du porc qu'un engraisse. Tout cela est vrai; mais M. Renaud aurait dû insister aussi, je le ,_ répète, sur les ,·ertus de la rac~ paysanne. Latentes en la majol'ité, soit; elles éclatent superbement toutefois chez ceux de ses fils, que l'éducation· transforme et c'est dans le peuple campagnard que la nation puise sa meilleure sève. Zezette: Oscar :Méténier, l volume, chez Charpentier. Oscar l\1éténier est devenu rapidement populaire. On a vu son nom fuser à trarers les mag.ies mur1>les de l'exquis Chéret, envahir les journaux, depuis la chronique et le feuilleton jusqu'aux échos du théàtrc. Ce diable d'homme est curieux· d'activité, de vaillance, de belle humeur. Il semble jouir du don d'ubiquité, on le rencontre partout, au théà.tre, chez l'éditeur, dans les rédactions, clans les faubourgs, sur le boulevard. Il public Le Go1·ille et Ze::ette, et va faire jouer aux Yariétés la Bonne à toi1t faire, par RPjane qui incarna déjà si curieus_ement l'héro'ine de son ~Mon-
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