La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LA RE\'UE SOCL\LlSTE d'après laquelle ton les engagements anti-1<'.•ganxen lre paysans et proprit'.•tail'e,, 11otammcnt les engagements concernant l'aliénation du sol, filrentd6clal'és nul.. Son successeur .Jean Brati:w, n'appliq11a pas la loi, 0t la classe pa:pannc fut littérnlement abandonnér, sansjusticc ni protection, ù l'exploitati0n sans frein et san façon des proprié!air0s et de leur" frrmiers. Le moyenùge renaquit avec son cortège de supplices et de tortures. Une grande partie des domaines des particuliers et tous les domaines de l'Etat sont donnés ù ferme, prndant une durée de 3 A5 ans. :i\e sac)rnnt pas si après l'expiration de cc terme ils lc:s reprendront, les fermiers ne s'attardent pas ù m8Ure en valeur la terre en introduisant des machines agricoles, des e11grais, etc. Il ne recherchent qu'ù s'enrichir bourgeoisement rt à tout prix par les deux moyens suivant. : l'nsure de toute lrs forces productives du sol cl de ses travailleurs, l'incroyable exploitation du paysan parfois payé à raison ùe « cinq centimes pal' jour». D'où, sous la fausse apparcnco de l'augmentation ùc la rente, la diminution dù la richesse nationale et non pas son accroissement, l'appauvrissement de tontes forces productiYesdu pays. Les bourgeois les plus endnrcis comme11cent à s'effrayer de l'indescriptible étal misérable du paysan, qnc les révoltes agraires de 1888, si cruellement réprimées, n·ont pas encore sauvé et que ne sauveront pas davantage les expédients employés pa1· la. bourgeoisie. L'on pourra peut-être réus ir ù former dan::; chaque village une petite bourgeoisie destinée ù servir de digue contre les tendances révolutionnaires. :.l\'lais le partage des Domaines de l'Etat en petits lots et leur vente anx paysans n'entraveront quc momentanément l'inévitable absorption ùes terres, les plus pauvres par les plns riches. Rien n'arrêtera le procès de la prolétarisation des masses paysannes. Cc procès ne peut ètrc arrèté que par l'accroissement des forces du parti socialiste. c·cst seulement par la Yiclofrc du Socialisme que la masse paysanne roumaine anra la terre apri.'s laquelle elle aspire tant. Elle aura toute la terre, mais elle l'aura nationalisée, socialisée. Naturellement les fondateurs de la bonrgeoisie roumainr sentirent la nécessité de créer la grande iudustrie et de la protéger par des douanes prohibitionnistes. Cependant, malgr<'.•des taxes énormes, malgré les grands sacrif1ces imposés aux consommateurs, l'industrie nationale, née d'hier, est restée stationnaire, à. cause de la trnp puissante concurrence étrangère; et cet état se maintient senlement grâce à la plu:s éhontée des exploitations capitalistes. Certaines fabriques font travailler les ouvriers de 3 heures

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