La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

350 LA REYUE SOCL\LlSTE ses pl'euves, plus il se croyait sûr de triompher. Le parti dr la Yolonté du Pruplc a bien mérité de la Russie, mais, se recrntant presqu'exclusivement parmi l'Intellige11ce, se: partisans ne pouvaient ètre nombreux. Leurs forces suffisaient pour des escarmouches brillantes, mais pas pour un combat déci. if. - En terrorisant pour un incstant notre gouvern0me11t, la tactique ultra révolutionnaire et sans appui populaire a fini par n'ètrc dangereuse que pour des perso11nes. Il n'atteignait pas le système. » Le libéralisme russe n'est guère mieux traité dans ce véridique pamphlet que les partis exclusivement révolutionnair0s. La b(,nigne et très inefficace opposition libérale se recrute snrtont parmi les idéolognes des professions libérales. « Socialiste sur les bancs de l'Université, le même homme devient libéral quand, le diplôme en poche, il parvient à se caser et à se faire une position. » En s'abstenant lui aussi, comme d'une chose inutile, de tonte tentative de rapprochrment aYec les masses ouvrières d8 nos grandes villes, le libérali. me se condamne ù une impuissance complète. Il persiste à méconnaitre l'a IJ c de la lutle politique qL1i consiste dans la nécessité absolue de se rapproche1· de la popnlation ou vrièrc des grandes villes. En rffeL, drpuis l'al1olilion rtu se1·urge, laquelle n·a él(· qu'une c.,·prop1•intü;11 clespr1usr11zs obliges cle càlel' pow· lcu1· li/Jr>1·tc pe1·sonnelle tr, meille11re prn·tie lle le11J'Slel'l·es, le prolétariat ag-ricolc a pris naissance; rt, comme partout, il a fo11rni an tl6Yeloppemcnt du capitalisme <le 110m breuses recrnes poi.11J· e ,.prolétariat urbain. En présence de l'r>w·opeisrrtio11 progressiYC' dr la Russie économique, - rn face de l'horrible czari. me q11i rl'.•1111itous les mauvai.- cùtés de l'absoluti me occidental a,·rc lrs horrrurs ù11drspotisme oriental, qui s'appuie ;'t la fois sut· les découvcrtrs de la science européenne et sur l'ignorance asiatiqnr des paysans, - toute l'évolution ultérieure de la Ru:--sie d6pend du développement intellectuel du prolétariat russe. Du lib(•ralismc et de rérnlutionnaires purs il y a peu de chose à attendre. Les libéraux n'ont pas d'action sur la bourgeoisie.· industrielle et commerciale puissamment protégée par le gouvernement. Les révol11tionnaires ne parviC'ndront pas à attirer ù c•11xles 1101m1l les co11chcs sociales. Lrs 1111set le.- autres h{•:;itent ë't se 1ournel' d'abord Vt'rs ](, prol\'Lariat ùcs centres i11dustrirls. Les libéraux sont trnp délicats et 110songent. g11t't'<' q11·aux libertés poliLiqnrs. Les r6,·olutio1111aires de << 'le1·1·e ('( Libe1·te » rt les hakounisles plus ou moins «intelligents» traitent le:; revendications libertaires de sophismes et de tendances bourgeoises. La lutte dite terroriste, celte lutte de guérillas

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