DES SERVICES COMlllUNAUX 31 de 10 mètres, larges de 8 mètres environ, dont chacune reçoit 6 ou 7 familles et leur sert en même temps de cuisine commune lorsqu'elles ont quelque cho~e à faire cuire (1). IL est inutile d'insister sur les conséquences qu'un tel régime doit entraîner, au double point de vue de l'hygiène, et de la moralité ~2) (Lœsewitz Legislation du travail, p. 67, 1884). Tenons-nous-en ù ces désolants constats, ils posent suffisamment la doulourense question des logements ouvriers; mais, qu'on le sache bien, le mal déjà si intense et si étendu s'intensifie et s'étend sans cesse avec son lamentable cortège de rr.isères physiques et morales. De plus on plus, si on n·y met ordre, le propriétariat urbain favorisé par une légalité meurtri<'lre, aura pour conséquence : Le refoulement de la classe ouvrière des grandes villes dans certains quartiers exceutriques malsains, comme il en fut au Moyon-àge des Juifs dans leur Gltetto ; Le vice et le crime, notamment l'i vrognerio et ,la prostitution, favorisés par iïnsuffisauce du logement; La misère aggrav<'.·epar le taux scandaleux des loyers ; La dégénérescence de la race. Nous n"exagérons pas. Ecoutez ces paroles d'un {·crivain réactionnaire : « Le désordre produit par les habitations malsaines est presque incalculable. Songo-t-on an mal physique? Les conditions d'habitation sont délétères pour l'adulte, nuisibles pour la croissance de l'enfant, fatales au développement de la race.- Calcule-t-on les dangers d'épidémies? La sant1~publique est en jeu comme la santé des individus. Il n'y a pas un quartier de Paris, quelle que soit la largeur des rues, qui ne puisse être empoisonné par les émanations accumulées dans les quartiers pauvres.- Cherchons-nous à-mesurer le mal moral? il est sans limites. Comment pouvon_s-nous espérer que dans ces taudis repom:sants se développent le~ influences préservatrices qui seules défendent l'homme à travers les tentations sans nombre de la vie?- On parle d'instruction, on s'en occupe avec ardeur. Comment espérer que l'instruction publique portera des fruits, (L) Oest Mouatschrift. Novembre-décembre 1883, p. 603, cité par Lœsewitz : La Législation du travail. • (2) Il est particuliè1·ement curieux de constater que même aux Etats-Unis, les ouvriers commeacent à êti-e logés dans des conditions tout aussi défavorables qu'en Europe, non seulement à New-York, dont les quartiers ouvriers ne peuvent être comparés qu'aux quartiers les plus mal famés de Londres, mais aussi darls d'autres Etats industriels, le Massachussets par exemple (Voir Studwitz: Nord Americanischearbeiter verhœltnisse.) •
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