La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LE SOCIALIS~IE rnn::GR.-\L ET L.-\ PRESSE 333 Nous en extrayons ces lignes: Quelqu'opinion que l'on professe à l'égard ùu socialisme il faut reconnaitre qu'il a révélé dt: no, jou1·s une force singulière d'expansion. Il rayonne bien au-delà du cercle de ses adeptes déclarés, il est devenu une puissance avec laquelle comptent les pouvoi1·s réguliers et l'on voit dans tous les pays, dans toutes les classes s'inflltrei· lentement mais sùrement la conviction qu'il y a nécessité impérieuse de che1·che1·une répartition de la l'ichesse plus conforme à la notion actuelle de justice distl'ibutive, si l'on veut épargner à la société d'effrayantes commotions. li convient donc d'étudier avec calme, d'où qu'elles viennent, les diverses solutions p1·oµosées. Il y a surtout profit à le faire lorsqu'on dispose d'un livre tel que le Socialisme I,itégral de M. B. i\Ialon qui présente un tableau d'ensemble des doctrines d'une école fort importante, en mème temps qu'une analyse des théories opposées. M. Lejeal donne ensuite une fort sagace et très précise analyse des doctrines de Malon, analyse qu'il fait suivre de cette remarque: La revendication apparait ici nette et précise. Bien que pat· sa nature même, elle soit comminative et nécessail'ement di1·igée contre ceux qui possèdent, on ne peut nier qu'elle dénote une large préoccupation des mesures transitoires et des formes légales. On a vu que dans un précédent numéro de la CJ?..e.svouceialist.:, notre savant collaborateur le docteur Delon a refuté les critiques formulées, d'ailleurs très courtoisement, par M. Belot dans la CJ?..evP11be,losopbique. fat-il nécessaire d'insister? nous ne sommes pas les seuls à penser que la réponse a été absolument victorieuse. Et. en somme, la Revue Pb,losopbique avait apporté les uniques objections qui pouvaient avoir quelque apparence de raison. Dans le Journal des Eco11on11stes, M. Rouxel a aussi, dans son compterendu du Soci:ilismeintégral, rompu quelques lances en faveur du libéralisme économiste dont tous les novateurs et tous les progressistes contemporains font justice. Au moins M. Rouxel qui déclare Malon << un consciencieux, un studieux et un convaincu » accepte-t-il en grande partie les théories de notre ami sur la famille. Plus précise et plus amère est la critique parue dans la Revued'écono111pieolitique et signée Ch. Gide. L'éminent professeur d'économie politique commence toutefois lui aussi par des éloges : tels sont les débuts de son article bibliographique : Une vie toute de longs et patients travaux, un grand fonds de bienveW lance, une modération relative dans les moyens d'exécution, ont valu à M. Benoit .Malonune place três honorable dans le socialisme contemporain. Pa1·ses ouvrages et surtout par la Revue socialiste qu'il a fondée et qu'il dirige dans un esprit de libre recherche, il a extJrcé sur l'école socialiste française une influence réelle, et â tout prendre bienfaisante, en l'émancipant de la doctrine d'airain du collectivisme Marxiste et en la ramenant à ses véritables traditions nationales, c'est-à-dire à un certain idéalisme. Il a revendiqué la place de ces mots de justice, de solidarité et d'amour qui avaient été rayés dédaigneusement pa.t· Karl Marx du vocabulaire économique pour n'y laisser .,

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