La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LE SOCI.\LIS~IE l:',T~:GRAL ET LA PRESSE 331 Le 'Dev,ir, de son côté, étudia plus particulièrement l'œuvre au point de vue de la propagande, en faveur des idées pacificatrices. Nous ne nous pardonnerions p:is enfin d'oublier la toute récente contribution de notre excellent camarade Maxence Roides. (111dépe11dan t d: 73erg-:rac, 16 mai 1890), doat la conclusion surtout est à noter: « Consolider le socialisme et l'idéaliser, tel était le double but que s'était proposé Benoit l\Ialon. << Et maintenant qu'il l'a si complètement, si m3gistralement atteint, maintenant qu'il a fo1·gé pou1· notre génémtion une arme d'une merveilleuse solidité, qu'il se 1·éjouisse! Le puissant effort qu'il a développé pendant de longues années pour le triomphe de la cause sociale ne tardera pas à porter ses fruits. " Pou1· nous, les jeunes qui, à notre entrée dans l'a1·ène, bénéficierons de ses rudes travaux, nous n'honorerons _jamais assez en Benoit i\Ialon le savant, le philosophe, le poète qui, aplanissant bien des difTieultés, nous a mont1·é la route à suivre, le champ de bataille de demain, l'ennemi que nous aurions à combatt1·e et par delà après la victoire, dans une ù1·ume qui bientôt ira se dissipant, la te1·1·eplus li1J1·e t plus juste où dans une paix sereine . 'exercera l'activité de ceux à venir. » Ill Jusqu'ici, nos lecteurs pourront peut-être nous accuser de partialité dans le choix de nos citations, 'nous n'éprouvons d'ailleurs aucune honte à avouer que nous admirons le Socialis/1/e/11fegral comme une belle et bonne œuvre. Toutefois nous n'hésiterons pas, poùr être entièrement ex:ict, à parler des critiques et à donner les jugements hostiles. Dans le 'R,,_appe!, M. Lucien Victor Meunier trouve le Socialisme Intégral trop étatiste. N'est-elle pas un peu usée la plaisanterie qu'il réédite à ce propos << allons vite ! commandons des casquettes galonnées pour les trente six millions de Français; tous galonnés ! >> Le socialisme est la domestication du prolétariat. Ce n'est là qu'un mot irijuste,non un ~rgument.Et M.Meunier, qui du rest~,n·est pas si éloigné que cela de nos idées, le sent bien, puisqu'il ne peut s'empêcher de louer, d'applaudir les pages si éloquentes que Malon a écrites en faveur de l'émancipation féminine. Poùl'quoi dès lors, se refuser à voir les autres faces de la question, l'intégralité du problème? C'est que M. Meunier,, qui a de l'esprit et du cœur, se laisse un peu trop influencer, par des ressouvenirs d'éducation bourgeoise. Au nom de la liberté, il proteste contre nos théories, et cependant il veut comme nous, moins de misère et moins de hontes. - Qu'il y songe bien. qu'il pèse tous les crimes commis au nom de cette Liberté, si souvent invoquée, si souvent méconnue, et il croira comme nous, que pour le

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