328 LA RE\'UE SOCIALISTE flatteuse façon, rnème des revues, jusqu'alors purement littéraires, ont consacré plusieurs pages à l'analyse et à la discussion du livre du directeur de la Revue Socialiste. De ce nombre la 'R.._ev11Pearisie1111e, qui publiait un article fort intéressant de M. Albert Noyer, et le Se111eur où M. Edouard de Morsier, l'auteur plein de promesses des 'R.._0J11a11ciers al!eJ11a11cdos1deJ11poraù1s, écrivait : « C'est c~ttc idée assurément grande et belle cle voil· dans le socialisme non une doctrine spéciale quelconque ou politique ou économique, mais les lois fondamentales d'une société et d'une civilisation nouvelle., qui distingui> Benoit Malon de tous les autres socialistes, qui place son œunc bien au-dcF.- sus de la lcul'.C'est cc qui rend aussi son Socialisme Intégi·al compréhensible à tous. Les grandes idées sont simples. Le socialisrnc a enfin trouvé en cette fin dl-! siècle - que Malon appelle fin de C'yclc - son expression clairn et complète. li sera possible de le jugc1·, maintenant qu'il se présente â nous clai1·, pl'éc1,;, complet, Intégral. Pourquoi M. de Morsier a-t-il gàté cette exacte appréciation par des critiques qui sont parfaitement injustifiées? La conclusion de l'article est vraiment peu digne du début. Il y est question d'un malhonnête mépris du passé - c'est là un mot malheureux qui se trouve réfuté par les éloges du début, et quant aux plaisanteries sur !'Art social, si elles sont permises, elles sont bien inutiles, car - nous en gardons l'absolue conviction - l'art s'orientera vers le socialisme fatalement, et se retrempera lui aussi à ses sources bienfaisantes. Sérieusement, M. de Morsier dédaigne-t-il ces grands poètes Pierre Dupont, que Baudelaire admirait, et Pottier. cet autre ouvrier, que tant d'artistes modernes et non des moins glorieux ont salué comme un pair? Sutter Laumann dans l'lntra11sigea11t réplique suffisamment à la critique du SeJ11eur, en disant du livre discuté : C'est un ùcs plus éloquents que nous ayons lus depuis longtemps. Oui, très éloquent, car Malon ne s'est pa:, uniquement contenté de développer une théorie, de soutenil' les Jll'étcntions d'une école. Sachant que, par malheur, le monde n'est pas tl'ansfo!'mablc, du jour au lendemain, comme par un coup de baguette magique, il a su1·tout plaidJ la nécessité de la t1·ansformation, au profit des humbles et des souffrants. Mais cela, il l'a fait sans colère, sans haine, en sage qui sait que l'esprit de tolél'ance est la base mèmc de la pltilosophie, et que la responsabilité de l'homme est limitée, aussi bien dans sa vie privée que dans sa Yic soriale; qu'il est le jouet des circonstances, l'esclave de l'éducation et du milieu. Aussi. loin de se cantonner dans un sccta1·isme fa1·ourhe. il professe que tous les che1·cheurs, que tous les remucurs d'idées ont appo1·té leur part rie lumière dans les épaisses ténèlJres qu'il s'agit de percer. Combien juste aussi est cette appréciation qui termine dans le Peuple de Bruxelles, l'organe officiel du parti ouvrier belge, l'article consacré par Louis Bertrand au premier volume du SocialisJ11e !11tégrnl:
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