320 LA REVUE SOCL\.LISTE quelque cercle. et, <le plus en plus agilt>, court à d'auti-cs tâches. à d'autres p1·opagan<les interrompue,; par des rcclusions successives; à l'ombre des caciiots, il médite; en plein soleil, il agit. Toujours sm· pied cr ,iouis,-ant de la confiance absolue <leses rcc1•up avides àc se produire, il se concerte a,·cc les Blanquistes et pal'ticipc avec eux à beaucoup de mar.ifestatio1,s répulJlicaines et de tentatives 1·érnlutionnaires de I8ôi-6 -69. En janvie1· ·18~0.éclate enfin la Grève du Creusot. Il s'y trouve <léjà comme corre:pondant de la Marseillaise et 1Jientôt y dirige le· mineu1·s. Ap1·ès leur dé:'aitc. il va portct· le concou1·sdu ,iournal et celui de ses fa<"ulté. d'organisateur aux gré\'istes de Fourchambault. On l'épie, on le llarc(•lr, il se c·ouv1·cd'11nc blaude n1stiquc, il échappe aux limiers <le la police impériale attaches ù ses trousses. rt, presque à leur barbe, ayant établi plus clc vingt nouvelles sections [L Chàlon~, Autun, Torteron, Cosne. etc., pousse sui· Paris où dès son rctou1·. avril l. iO, on le jette a ?l[azas; il y reste au secret plusicu1·s mois. Enveloppé dans le quatrième procès de l'lntcrnat.ionaie, on lui sert un an de prison; il pu1·gcait cette condamnation en la prison de Beauvais d'où le lendemain du 4 septemb1·c il est éla1·gi sui· une depèche clc Gambetta ... Les Internationalistes et les Blanquistes ainsi libérés au nombre de plus de 70 viennent à Paris où avec leurs coréligionnaires ils fondent le Comité Central des vingt arrondissements. place de la Corderie, d'où devait sortir la Commune. Malon fut un des plus assidus et il participa à ce titre à la journée du 3 1 octobre. Déjà délégué de son bataillon, le 91 me, il avait gagné assez la sympathie des élrcteurs des Batignolles pour ètre élu, le 5 novembre, adjoint à la mairie du xvume arrondissement: il s'occupe surtout de l'assistance qu'il organise exemplairement dans son arrondissement; mais il ne perdait pas de vue le grand but de la défense de Paris compromise par un gouvernement indigne: c'est ainsi qu'il participa à la journée désespérée du 22 janvier et qu'à cette occasion un mandat d'arrèt fut lancé contre lui, qui ne fut pas longtemps valable car. .. mais ici Je cède encore la place à Léon Clade! : Elu le 8 fév1·ier 1871 pat· 118.000voix. le quinzième sui' quaranlc-lrois, le petit bcl'ger du Forez, l'homme de hait et de l,at des villages, hameaux et boul'gs suburbains, est député de Pa!'is. Ah ! cette fois, les <:Jectcurs en blouse, abjurant toute jalousie, ont voté pou1· un blousier comme chacun d'eux. S'il en avait été ainsi l'an dernier. combien de bourgeois autoritail'cs qui t1·ônent au pouvoil' aujourd'hui se1·aientaux genoux de celte plèbe, qu'a p1·ès J'avoi1·implorée et flagoméc en tant que candidats ils Cl'Ossent.pa1·vcnu~.ascc Mdain. Accompagné pa1· quelques-uns de se. mandants. il vole il. Bordeaux, le vrai représentant du peuple et le plus légitime au di1·r de l'auteur des Châti,,ients, et là, de même que les Allemands Liebknecht et Bebel repou~- scront plus tard au Reichstag, <le Berlin, l'annexion de la Lol'raine et de l'Alsace à l'Allemagne, il l'efusc de sanctionner le démembrement de la Frnncc vaincur. ainsi qu'il n'eut pas admis d'ailleurs l'incorporation de JH·o,·inccs transrhènanes à sa patl'ie, si mieux commandE!cs et plus nombreuses nos imbel'hes milices ul'haines et rurales l'avaient empol'té sur deux millions de reitres et de lansquenets blanchis sous le casque et la cuil'asse: il flanque en même temps que Tridon, Razoua, Cournet, Rochefo1·t, Delescluze et celui qui, n ·ayant pas su se contenter d'êt1·e Ranc tout court, est devenu Monsieur
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==