LES DESSOUS DU XOTARIAT 313· et vigoureusement ru briqués dans les annuaires! Cela ne déci_·IE> rien de bon. • « Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille. n C'est avec ce beau décor, masquant la pourriture, qu'on le trompe et qu·on le vole généralement. Presque tous les notaires, qui ont échoué sur les bancs de la Cour d'assises, pouvaient faire un vaste étalage de tous ces titres, titres servant de tentacules pour saisir et saigner le client. L'ancien ministre Thévenet a fait rendre un décret obligeant les notaires à tenir. une c~omptabilité spéciale; il a cru voir, dans cette mesure, un moyen d'arrêter lAs désastres notariaux.Sa pensée a été bonne,mais cette mesure,dénvtant la légèreté de son auteur, sera insuffisante et inefficace: les abus de confiance ne diminueront pas. Sans doute, il vaut mieux avoir une comptabilité que n'en point avoir; mais cette comptabilité ne fera pas un honnête homme d'un notaire coquin. Dans le d6cret, il est dit que les notaires seront tenus de déposer les sommes, dont ils seront porteurs, à la trésorerie générale, dans les six mois, à compter du jour oû.ces sommes leur auront été confiées. Que de tentations dans cet espace de temps! Le notariat, c'est la bourgeoisie égoïstP. et jouisseuse, faite institution. Le décret ne lui rendra pas les vei·tus qu'elle n'a plus. En l'année 1886, les notaires traduits devant les tribunaux, étaient au nombre de 75 pai' ah, et les sommes détournées s'élevaient à dzx millions aussi par au. Ces chiffres officiels ne feront que s·étever d'années en années, E>ste passent de commentaires. Et, en supposant que ce décret empêche· quelques déconfitures de notaires, il est désarmé devant les nombreux moyens des notaires exploiteurs, pour faire suer le clieut, et tirer la quintescence des affaires qui leur sont confiées. Dépourvu de sanction, il sera un beau feu de paille pendant deux ou trois ans; il ira ensuite dormir dans les cartons, en compagnie de beaucoup d'autres. Comme exemple du sommeil profond de tous ces décrets, je citerai la circulaire ministérielle obligeant les notaires à faire les recouvrements de leurs actes, dans les six mois de leurs dates. Jamais il n'a pu être mis à exécution; cette mesure a été toute platonique, la concurrence entre les notaires y étant un obstacle insurmontable. Le ministre Thévenet aurait dù se poser cette question :
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