312 LA REVUE SOCIALl~TE et en Italie. Et alors, ù, quoi scniront les notaires actuels de la campagne, enx qui ne vivent que sur la circulation de la propriété immobilière, quand celle-ci sern entre les mains d'un petit nombre de privilégiés, et qu'elle ne contiendra plus d'habitants? Et qu'en fel'ait-on, avec notre organisation actuelle? Si le fonctionnaire, qui remplacera le not.aire, se voit, dans mon projet, entouré de beaucoup de consiùération, il serait juste, qu·en cas de vol, d'abus de confiance, comme rondit, ou de faux, il fut frappé sévèrement. Autrefois les fonctionnaires qui volaient étaient pendus au gibet de l\Iontfau0on. Tout en tenant compte de radoucissement des mœurs, on rema,·que que Ir code pénal est indulgent pour cette catégorie de vols qu'il nomme, par euphémisme, abus lle confiance. Les législateul's dn code pénal avaient, sans doute, fait la part de la faiblesse et des tentations du coupable, en édictant des peine, minimes pour l'abus ile co11(lance; ils n'avaient pas prévu que, sous le couvert de cette indulgence, un notaire rctol's et malhonnète pourrait mettre de cùté un million, fuir à l'étranger, ou e laisser condamner à deux ou trois ans dC'prison, peine n:•duite de moitié avec quelque protection, et vivre ensuite grassement aux dépens de ses vidimes. En mars 1886, la Cour d·assises de la Haute-LoirC' a jugé le notaire M... ancien co11seille1·gë,1,d1·al, tombé en Mcon1Hure, avec un passif de près d\rn million. M, .. a été condamné ù la peine bénigne de trois an nées de zn•ison. C'est une dérision. Mais on condamnera aux travcw:x;forces, soit pour fabrication grossière de quelques fausses pièces de cent sous, soit pour vol de poules ou lapins (ou encore de trente sous dans une église, Cour d'assises de la Cote-d'Or, mai 1800), des individus qui, sïls sont coupables, ont, pom· atténuer leurs fautes, l'excuse sonvent de la misère, de l'abandon, ou du milieu malsain qui les a vu naitre. Il va sans dire que, dans mon projet, le nouveau fonctionnaire ne pourra s·occnpcr que de sa' fonction; on ne verrait plus cett.e monstruosité: le mème individu accaparant tout dans une mème localité, et étant tout à la fois, notaire, maire, suppléant du juge de paix, conseiller d'arrondissement ou conseiller général; sans compter tous les antres titres nom.,inaux f1attant la vanité et la bêtise humaine, tels que delégué des écoles, officier d'académie ou d'instruction publique, membre d'académies diverses, même de celle de Fouilly-les-Oies, au besoin. Que le bon public se défie des notaires aux titres pompeux, ,,.
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