30G LA RE\'UE SOCL\LlSTE tion dn nombre de tant de juges oisifs, et émergeant an budget de l'Etat. La réforme d0 lïnstrndion criminelle qui, entre les mains d"un .iugr d'instrnction inexpérimenté, inhumaill, paresseux ou trop zélé, est une arme de torture morale et quelqnefois physique, dernier terme de la question du moyen-âge. Celle de la procédure civile si onéreuse, qui amènerait la suppression des aYonés. L'abolition du privilège des avocats. Tout, dans cette institution judiciaire, sent la vétusté et rappelle les temps passés, aussi bien dans la forme que dans le fond; au palais, les juges en sont encore au langage de Rabelais; lenrs sentences sont une énigme et nn jargon pour le gros public, q ni a besoiu d'un interprète pour les lui traduire, et ils s'affublent, pour les prononcer, d'un travestissement, copie de c<-'luides juges ecclésiastiques du moyen-âge. Je dirai encore à ces mêmes personnes: La méthode évolutionniste, en honneur depuis quelques années, et son application à l'histoire ne n9us enseigne-t-elle pas que les sociétés et les institutions ne peuvent vivre qu'en se transformant, et que l'immutabilité n'existe ni dans le monde moral, ni dans le monde physique? De vands penseurs que je ne nommerai pas, ne visant ni au savoir ni à la prétention, ont eu l'inti,ition de transformations futures dans nos sociétés, dont on ne peut se faire une idée, et devant les questions sociales qui se dressent, et qui auront un jour leurs solutions, leurs prophéties n'auront pas été un vain mot. Je viens donc de dire qu'après avoir supprimé lC's notaires, et aboli leurs privilèges, il faut les remplacer par des fonctionnaires, nommés par le chef de l'Etat. Cenx-ci sont déjà trop nombreux, je l'avoue, mais entredeux maux, il faut choisir le moindre. Quand les notaires ou mieux les fonctionnaires, les employés de l'Etat qui les remplaceront, seront encadrés avec les autres, tout ne sera pas pour le mieux dans le meilleur des mondes; je ne donne le remède que comme pis-aller, dans la pensée que c'est ce qui aurait le moins d'inconvénient dans notre vieille civilisation, et cela, dans l'attente des évolutions futnres;qui emporteront ce rouage avec bien d'autres lorsque les sociétt'.~sde l'avenir reposeront sur d'autres principes. Mon projet n·est donc qu'un pis-aller; je tiens à le bien dir0, et à le prouver, en faisant connaitre toute ma pensée sur la plaie dont est affligée notre société, le fonctionncwisnie: nos sociétés modernes n'ayant pas encore trouvé leurs vraies voies, quoiqn'rllrs soient démocratiques, et n'ayant encore pu se débarrasser des liens dans lesquelles les enserrent les forces de l'atavisme et de l'hérédité. Suivant la parole d'un réformateur, l'humanitt~,
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