208 LA RE\'UE SOCIALISTE sable à l'organisation des boulangeries municipales auxquelles nous revenons. Actuellement, la loi de lî91 n'ayant pas été abolie et étant renforcée par un paragraphe de l'article 479 du code pénal (1), plus de 200 municipalités françaises co11tinuent à taxer le pain, mesure bonne en elle-même, mais insuffisante (2). La solution est dans les boulangeries municipales que les t'.lus socialistes ont réclamées it plusieurs reprises. Yoici le texte même de ces propositions : I. MM. Yaillant et Chabert: 1< Pour mettre un frein à une spéculation homicide,pour << réduire les souffrances du chômage et de la faim, vu les lois des « 10 et22juillet 1791, les ordonnances et décrets ultérieurs. - « Art. 1er. La taxe du pain est rétablie. Elle sera fixée en rapport « avec la valeur du grain, de sorte que le prix du pain soit le plus « bas possible.- Art. 2. Un service d'inspection sera institué.ayant « pour objet d'assurer la bonne qualité, la valeur nutritive du << pain, la fidélité, la r{,gularité du débit, l'exactitude du poids. « - Art. 3. Le gouvernement, les Chambres sont invités à donc< ner aux communes la faculté de taxer les grains, les farines, « la viande. - Art. 4. En chaqne quartier sera établi un bazar c< municipal d'alimentation où les éléments essentiels ù la vie « et tout d'abord le pain et la viande, seront vendus à prix de « revient. - Art. 5. Pour abaisser ce prix de revient, anuuler « une cherté artificielle, faire échec à la spéculation sans nuire « an producteur, ces bazars seront alimentés par achat dirr.ct « de la municipalité aux lieux d'origine et de production des 1< denrées, grains, farines, etc. - II. MM. Pau lard, Brousse, « Chab~rt, Joffrin, Vaillant, Dumay, Faillet, Levy, Reties, Si- « mon Sœns : « Considérant le devoir pour les municipalités de « prendre toutes les dispositions ayant pour but de procurer à c< leurs habitants des subsistances de première qualité et au meil- « leur marché; considérant que ces résultats peuvent être sùre- « m1mt obtenus par l'organisation, à titee municipal, de mino- « tcries, boulangeries, de boucheries et de comptoirs alimen- « taires dont les produits seraient livrés à prix de revient, enfin (1) Déposition <le i\I. Colson Blanche, représentant de l'association nationale <le la Meunerie Française, devant la Commission de ravitaillement de Paris : << Si les magasins municipaux existaient, il est probable que la grosse importation deviendrait timide, car elle aurait peu de champ d'action, les magasins devant amener une quasi-fixité de prix.» (Procès-verbal de la séauee <lu :.:'0aoùt 18PO. (2) Seront punis d'une amen<le de onzE:-a quinze francs inclusivement les boulangers et bouchers qui vendront le pain ou la viande au-<lclà <lu prix fixé par la taxe légalement faite et publiée.
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