29G LA REVUE SOCIALISTE nué dans des proportions considérables; mais cette diminution tient aux conditions de notre place. )> . Mais, malheureux, ce sont justement ces conditions qui sont votre crime et que l'on vous demande do modifier! Cependant, on a fini par s'émouvoir au Ministère de la Guerre et un projet a été déposé dont toute l'économie est dans l'article premier, ainsi conçu : « Les villes et communes comprises dans le périmètre du camp retranché des places fortes sont tenues d'assurer, d'une manière permanentr, la constitution d'un approvisionnement en farines, en vue des premiers besoins des habitants lors d'un investi:ssement on temps do guerre. L·étenduo de cet approvisionnement est déterminée par le Ministre de la guerre, sans toutefois pouvoir excéder la consommation de deux mois. << Les villes et communes auxquelles cette disposition est applicable sont désignées par un décret du Président de la République. La moitié de l'a pprovision nemen t pourra ètre constituée Pn blé, à raison de 2î kilogrammes do blé pour :?Okilogrammes de fariue, à la condition quo des moyens de mouture, jugés suffisants, existent dan;:; l'intérieur du camp retranché. )> M. do Freycinet n'a envisagé que le coté militaire de la situation ; elle n·est pas moins grave an point de vue social et les mesures urgentes sïmposent d'autant plus quo la meunerie aussi a été révolutionnée par le capitalisme. Les petits meuniers ont succombé; les plus riches sont devenus <legrands usiniers qni apr0s s·ètre syndiqués entre eux, se sont entendus avec les gros importateurs et, de compte ù demi avec eux, ont monopolisé to11tle commerce des grains et farines. Ce véritable syndicat d'accaparement, relevons-nous du Rapport de M. Deligny, lu au Conseil municipal de Paris, domine entièrement le marché du blé. Il n'achète à la culture qu"à l'heure et au prix qui lui conviennent; il domine la bonlangerie et le consommateur. Le monopole n'est limité que par la seule prudence: « car il comprend qu'il y a nn moment ou « l'irritation d'une population trop rançonnée peut devenir terrible. )l En effet, Foulon et Berthier s'en apperçurent on 1789. Les plèbes affamées sont de l'avis de Fourier, que l'accaparement est le plus odieux des crimes commerciaux, en ce qu'il attaque toujours la partie souffrante de l'industrie. « S'il surviont une pénurie de subsistances en denrées quelconques, les « accapareurs sont aux aguets pour aggraver le mal, s'emparer << des approvisionnements existants, arrêter ceux qui sont atten- « dus, les distraire de la circulation, en doubler, tripler le prix
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