DES SERVICES CO:\l:lll'N.\l'X Ces onze maisons ont le monopole du comn!(.'l'CCÙ' C'Sgrains pour Paris et tout le nord de la Fra110e. Au ·cours de l'été de 1890, il entrait dans leur calcul de faire la rareté sur le marché, pour éviter la baisse pouYant résulter d'une récolte qui s·annonçait bonne. Ils firent tellement la rareté que, fin juillet, Paris avait pour six jours de vivres, et fin aoùt, la réserve des bou lang-ers seulement,c'est-à.-dire pour deux ou trois jours de vivres,,'t peine. Supposez que la guerre ait été en ce momontdéclaréeet quo la France ait perdu une seule bataille. Cette éventualité n·aurait rien de désespérant si Paris, l'imprenable f0l'teresse aux trente kilomètres de toul', était restée debout et approvisionn~o; mais dans ces circonstances un Paris saus pain, ce serait la. Franco livrée: la France perdue, ma.lgr6 sa puiss:rnto armée. Et cela, parce qu'il a plu au gouvernement de la troisième République de suivre les errements du second empire qui, en 18G3, supprima follement la caisse de la. boulangerie, son service do compensation et son approvisionnement, et de laisser il quelques spéculateurs, étrangers ponr la plupart et tous coalisés, la haute main sur l'alimentation do Paris, de Paris mnintenant boulevard do la France! Dira-t-on, qu'en cas do guerre on pourrait pourvoir administratiYement ù un approvisionnement rapide 1 A cette objection Gustavo Rouaneta répondu comme suit ùaus la Rei,ue Socialiste: « Le transpol't du blé en Franco est presque tout entier dans les mains de la marine marchande anglaise. J'ai sous les yeux la liste dos navires entrés aü Havre dnns les sept premiers mois de 1890. Sur quarante-huit navires, je vois que trente sont anglais, neuf français ; le reste appartient à des nationalités diverses .... A Rouen, sur trente navires, dix-neuf sont anglais : on ne ccmpte pas uu seul français. » Impossible de s'exagérer la gravité de cette communication. C'est donc mù par un patriotisme éclairé que M. Deligny, appuyé par M. Rouanet, a demandé au Conseil municipal de Paris de se préoccuper d'une si alarmante situation. Seulement, les édil,~s parisiens ne se sont pas émus pour si peu; ils ont voté conformément aux sacro-saints principes du laisser-faire. Périsse la France, mais que les spéculateurs puissent tripoter à, l'aise I C'est bien le Conseil municipal de Paris, si méritant, sous d'autres rapports, qu'on a vn applaudir ù cette incroyable explication du secrétaire général de la préfecture de la Seine : « Il ne faut pas s'exagérer la situation. Il Pst certain qu'au mois de juillet et au mois d·août 1800 les stocks de blé ont dimi-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==