26 LA REVUE SOCI.\LISTE forme, autour, des marns et des dépôts immondes.Les tuyaux de chùte traversent quelquefois les chambres à découvert; il ·y en a, parmi ces tuyaux, qui ont des füsures ou des cassures, par lesquelles s'chappent la matière fécale. Dans un immeuble important par son étendue, certains dépôts sont si anciens que l'herbe y a poussé. « Ces cabinets infects ne sont pas même en nombre suffisant. Dans un garni de la rue Sainte-Marguerite, il n'y a que "deux cabinets d'aisance pour cent douze locataires. « Voilù ce qui existe à coté de nous, chez nous. dans notre ville, dans notre grand Paris, dans notre luxueux Paris. :Mais, gens de bien, il s'en faut que nous ayons tout dit, que nous ayons tout décrit. Nous analysons quelques rapports de la commission des logements insalubres, de la commission départementale d'hygiène; nous y mêlons le souvenir de visites que nous avons faites; nous craignons de vous révolter en disant tout. Nous ne parlons pas de la promiscuité des sexes et des àges ... « Prends garde à tol, Gomorrhe, ton ineptie et ta barbarie te tueront ... )) En attendant ce sont les pauvres qui meurent et qui meurent victimrs de la rapacité des propriétaires urbains. Lors de l'épidémie typhoïde qui r0gna à Paris de 1881 ù 1883, épidémie.qui frappa surtout les quartiers où existent les mauvais garnis, M. le docteur Rochard fut chargé d'u11e enquête par l'académie de médecine, il dressa un vôritable acte d'accusation contre les garnis où cinq, six persom1e$ vivent le plus souvent dans la même pièce, respirant le même air empoiso11né, parquées entre quatre murailles souillées, proies vivantes de toutes les maladies etde tous les vices. En 1876, il y avait à Paris 9.050 logeurs et 142.6il locataires; en 1882, 11.535 logeurs et 213.561 locatairE:s; c'est-à-dire que tandis qne le nombre des logeurs augmentait ù peine, celui des locataires triplait. Ce miracle s'était fait de la façon la plus simple. Les logeurs bondaient leurs garnis, d'une chambre ils en faisaient deux, plaçaient 20 lits dans celles qui n,'en avaient que 10; dans des cours déjà trop étroites ils élevaient des appentis où s'entassaient de nouveaux locataires, dans les cuisines mêp1es on couchait à la nuit. Comme il fallait s'y attendre, les arrondissements qui souffrirent surtout de l'épidémie furent ceux où le nombre des locataires s'était le plus accm par rapport au nom-, bre des logeurs. Les quartiers pauvres du 18e furent ceux où elle fit les plus nombreuses victimes.
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