24 LA REVUE SOCIALISTE ces rnfants périront par asphyxie dans des logements malsains, ou ils deviendront rachitiques et scrofuleux. << D'un autre coté, si on n'empêche pas M. Vautour de faire la hausse sur les loyers d'une façon scandaleuse, quancl nous aurons donné tout ce que nous gagnons au prôpriétaire, avec qnoi nourrirons-nous nos enfants? Si nous payons notre loyer, le résultat est clair: c·est l'anémie, c'est la mort par la faim. « ... L'Etat n'intervient pas, la Commune n'intervient pas, veut-on attendre qu'à l'instar des Irlandais, nous soyons astreints à payer nos termes à coups de révolver ... >> Cette lettrequi peint la triste situation de milliers et de milliers de pères et de mères de famille, signale très bien les trbtes conséquences des barbares exigences propriétaires: les familles nombreuses doivent s'entasser dans les logements insalubres. Arrètons-nous sur ce mot: logements insalubres. Les publicistes philanthropes nous ont révélé ce que ces deux mots contiennent de misère et de douleur. Sur ce triste sujet toutes les opinions concordent. Un rédacteur du Gaulois s'indignait récemment de voir à Paris des usines suant le million, des docks gorgés de denrées et de marchandises, entourés, pressés, assiégés, assaillis par une forêt de logements insalubres, pestilentiels, sans espace, ni air, ni feu, ni soleil, ni eau: plus étroits et cent fois plus sales qu'une prison; des instruments de torture plutôt que des abris; des tombeaux: plntôt que des demeures. Il frissonnait, dit-il, d'horreur au sortir d'une visite aux: cités de Jeanne d'A1·c, Dore, lvlaupy, du Progrès. Les milliers de locataires qui habitaient ces tombes meurtrières étaient victimes de ce calcnl propriétaire, tout à fait conforme, il faut le reconnaitre à la loi de l'off,·e et de la deniancle : savoir vendre le plus cher possible la plus petite quantité possible d'espace et d'air respirable (1). (1) << L'accroissement de la population pam'l'e dans certains quartiers a en pour effet de donner â u11 grand nombre de propriétaires et de logeurs dépourvus <lescrupules, l'idée de subdiviser à l'infini leurs immeubles, de con~ Yertir en logements des ateliers, des boutiques, des hangars, des remises afin de recevoir plus de locataires tout en surélevant le prix des locations. C'est ainsi que des familles entières se trouvent entassées souvent dans une chambre glaciale en hiver, humide en été, qui, dans bien des cas, ne prend jour qu; sut· un escalier fétide ou sur une courette saturée <lemiasmes.>> (L' Economiste F'rançais du 2"2 juin 188:3).
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