La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

274. LA RE\'UE SOCIALISTE sacrifices et des romplacements toujours nécessaires. » Il est plus facile d'invent0r des néologismes bizarres que de mieux parler sa langue; de collectionner les observations, que de créer des théories scientifiques toujours plus générales et plus exactes; de multiplier les miracles que de « substituer à des dogmes usés des dogmes plns rationnels»; de fabriquer les lois à la douzaine que de concevoir le principe d'un droit« nouveau.» Le progrès s'accomplit donc par une suite de substitutions et d'accumulations. Le mécanisme même des substitutions en faisant cesser les contradictions de détail, les conflits entre croyance et intérêts isolés, aboutit à une uniop, à une harmonie toujours plus grandes, mais non parfaites car les antagonismes d'un ordre nouveau ne tardent pas à surgir. Aux conflits de détail succèdent les conflits de masse; ces derniers eng<-'ndrent des luttes toujours plus gén(,rales et ainsi de suite jusqu'à la pacification finale, dans l'équilibre et la stabilité. D'abord les hommes se sont battus individuellement pour une tête de bétail; puis ils se sont unis en Cités belliqueuses, puis en Etats défendus par des armées nombreuses, puis en nations armées, prêtes à mettre en ligne des millions de combattants, et ainsi de suite jusqu'au jonr où une conquête irrésistible ou quelque cataclysme général, créera une paix durable, en faisant cesser cet immense duel logique, dans lequel une moitié de l'Europe dit oui, et l'autre moitié dit non. Chaque pas dans la centralisation à outrance des conflits sociaux apporte une série d'avantages. « Si cruelles que soient les guerres « provoq nées par l'organisation des armées perma- (1. nentes, cela vaut mieux encore que les innombrables combats « des petites milices féodales ou des familles primitives. » Mais l'avantage final, c'est l'annonce prochaine de la solution, par la fusion des contrairas. « Ne voyous-nous pas le terme où cette « transformation protéiforme de la contradiction et de la contra- « ri été nous achemine? Le jeu de la concurrence aboutit fatale- « ment à un monopole, le libre échange et le laisser-aller cou- « rC'nt à une organisation socialiste du travail; et la guerre « tend à hypertrophier les Etat:';, à produire d'énormes agglo- ,< mérations, jnsqn'à cc q11r l'unité politique du mondr civilisé « se consomme cnfi n et assure la paix générale. » D• A. DELOX. (La fin au prochain numél'o)

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