252 LA REVUE SOCIALISTE Puis Nausée d'espoir, poésie pleine de cœur et d'enrolée, malgré son apparente désespérance : Illusions ! re,·enez toutes ! Et vous aussi, folles chimères! Dussiez-vous m'être plus amères Et plus mornes que tous les doutes. . . . . . . . Ah ! si vous êtes aux êcoutes ? Dussiez-vous m'être plus amères Revenez, mes folles chimères, Qu'en mourant vous soyez là toutes. Ah ! si je pouvais vom'ir toute!' Les rancœurs, et les frayeurs dures, Et plus dures que des amorsures. S1 Je pouvais les vomir toutes ! Illusions, revenez toutes ! Mais la pensée du poète s'élève et après une p1ece bien humaine et remplie d'une dnuce pitié: Prise de voile et de deuil, le philosophe apparait et se demande en des strophes hardies et anxieuses le pourquoi de la Yie, la raison des êtres et des choses, et cherehe à deriner le sombre devenir. Le doute l'étreint, la désespérance le navre, et la tristesse s'empare de lui. On le voit donc, tous les sujets sont traités par le jeune poète et d'une façon supérieure sourent. Nous avons constaté aussi avec grand plaisir dans le volume de :M. Redonnel une immense pitié pour les déshérités; il sympathise avec ceux de la glèbe auxquels il dédie son livre et (< dont il tient, dit-il, la meilleure part de lui-mème ))j quelques-unes de ces pièces, et non pas des moins belles, témoignent de cette tendance des jeunes de notre génération, affamés de justice, épris d'amou1· pour les souffrants, les prolétaires, les victimes de l'ordre actuel, et qui se sentent emportés par le grand souffle de justice sociale qui rugit déjà partout et qui un jour arrachera les hautes cimes et confondra les terres. Aubes maternelles, La première aux faméliques. Le chemi'nde Rome - IV sont des affirmations de cette tendance humanitaire et socialiste qui s'accentuera plus encore, nous en sommes persuadés, dans les prochaines productions du jeune poète, car tout être bon, ayant au cœur les sentiments de justice, l'enthousiasme et la générosité des jeunes ne peut faire antre que de plaider la cause du peuple et de combattre pour lui. Nous fondons de grandes espérances sur ce nouveau Yenu dans nos rangs oü il ne trouvera que des amis : quand on est révolutionnaire du langage on ne doit pas tarder à l'être dans les idées et dans les faits; lorsqu'on est saisi de la haine du convenu et du bourgeoisisme on est bien près, logiquement, de devenir socialiste. Nous sommes donc bien disposés à l'égard de 1\1. Redonne!, cependant nous lui ferons un reprûche, un seul : il recherche trop ses mots, il affirme trop ses idées, il torture trop ses phrases. En haine de la banalité qu'il fuit à l'égal de la peste, il tombe quelquefois dans l'afféterie, et il cesse d'être clair. Oh ! s'il voulait se contenter d'écrire en français de nos jours, comme il le fait si bien alors qu'il le \'eut ! dans cette langue riche et gracieuse
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