REVUE DES LIVRES 251 Par exemple ce ne sont pas là .... de petits vers doux, tendres et langoureux, mais des vers fermes et fiers ayant souvent de superbes coups d'ailes. Les amoureux d'amour platonique . . . . de papillons roses A l'aurore entr'ouvrant leurs lévres demi closes, ne trouveront pas dans Liminaires de quoi se satisfaire, le poète Paul Redonne! ne comprend que l'amour fécond : Qui s'en va révulser les robes sous les branches Aux jours ivres de joie et repus de soleil. comme il le dit dans Rimes urtes. Ses amoureux sont des g·ars < Aux yeux de faune, à la chair brune, à la peau ferme, les amoureux ne veulent pas l'amour idéal, mais l'amour puissant. Non. fait-il dire à une de ses héroïnes dans sa pièce Anagogi,- d'une feuille de lys, non, Par, l'amour avec une égiùe Trés humble et qui clorait les yeux, Respectueusement timide, Timidement audacieux. Mais l'amour brutal qui préside Et chante au eœur du gars nerveux ; Comme un de ces Titans, solide, Qui tombèrent jadis des cieux, Et dont l'acte suit les aveux. Aussi ùans Eglogue, Intimatum, Pour l'aimer tant, etc. Puis ret amour puissant se fait plus léger dans Issue, Epave de conte bleu, L'oubli accepté. D'autres pièces de cc peu banal recueil sont d'une. ironie douce et sereine : HaUe de coupé, Pomme et fraise. Les anes savants, Ballades des aut1·es, Les stylites, une étrange histoire d'arague Pour être triste, Parabole piquante et nerveuse critique des parvenus dujour; Mésassormancesspirites, une bien gaie moquerie du charlatanisme spirite, Résignation d'ironie, etc. Il y a dans ce volume des poésies· ravissantes de suave rèverie, de tendresse et de douce ressouvenanc~: Mi-close, Distiqiœs, Rayons roses et chei;eux blancs que nous voudrions citer en entier: De ma fenêtre grande ouverte je l'ai vue Dans son moïse, toute petite et mi-nue. J'ai vu son rose et mignon corps; j'ai vu ses yeux; Et ses ébats d'enfants me rendaient si joyeux. Que tous les soirs, l'oreille au guet de sa venue, Des heures se passaient à la voir court vêtue, Garnbade1·et .sauter, et jouer dans ma rue Et je rêve,Jorsque je pense aux grands yeux bleus. B-eîa fenêtre. . . . . . . ..... . Elle ignore toujours le gentil amoureux Qui la but du regard et suivit tous ses jeux, Et ne reverra plus la ,·ierge disparue De la fenêtre.
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