La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

FRAGMENTS D1UNE LONGUE ANTITHÈSE FRAGMENDT'USNELONGUAENTITHÈSE Ils ont le gai soleil et les moissons dorées ; Les vastes horizons, lesplaines dévorées Sous lespieds des cbevm,xfringants, têtes aux vents; Les grands cieux, lesforêts aux panaches motti>11· 1L"-; Lesjours plei11sde lumière et les nuits pleines d'astres; L'écho des soirs d'été se brisant aux pilastres Des châteaux accroupis dans l'ombre desfossés ; Les é!ég.mts castels ·aux côteaux adossés ; Les eucorbelle111e11stusspendus sur -lefleuve, La vieille tour auprès de la tourelle neuve, La fenêtre gothique, où flambent les vitraux ; Les pudiques villas blotties dans les sureaux ; ies palais effrontés, toutes portes ouvertes, Offrant lem· nudité blanche aux pelouses vertes, Leurs escaliers de pierre aux robes de satin, Et leur rampe de bronze au Capital hautain, Etalant sans pudeur leur file de fenêtres, Leurs nicbes où demain on sculptera nos maîtres, Leurs frontons impudents portant baut leursfleurons, Le chiffre du bourgeois, le tortil des barons, Et par dessus le mur où poussent les cigües, ,Au coin du saut-de-loup aux épines aigiies, Montrant cyniquement, par un passage étroit Où l'œil heurte de biais la vitre qui pétille, Les plafonds blasonnés, lesportraits de famille, Les grands salonsperdus, où le re~ard décroît ,A l'ouvrier errant sans famille et sans toit. 247

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