La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

2-12 LA REVUE SOCIALISTE LENATURALISME & L SYMBOLIS AU THÉATRE AUX FRAKÇAIS : Griseliclis, par E. MARAND et SYLVESTRE • • Notre théâtre actuel vit de mots, dont les plus à la mode sont: le naturalisme et le symbolisme. M. Zola est un naturaliste, il symbolise au théàtre la vérité tonte nue; si cette vérité est une belle déesse aux. formes pures, tant mieux pour le spectateur; si c'est un vieil académicien décrépit, Zola ne daigne pas même le couvrir de ses palmes vertes. En somme, le procédé reste toujours le même: la vérité quand même; la simplicité, le naturel toujours ; la recherche consciencieuse des traits de caractères physiques ou moraux qui gravent cette vérité dans l'esprit du lecteur ou du spectateur. Molière, Victor Hugo, ont suivi la même voie; Shakespeare les avait précédés. C'est une voie large et unie qui convient aux talents vigoureux. Ce sont donc les mots qui nous égarent et non pas les choses. Le naturalisme absolu n'existe pas au théâtre; la pré:;;ence même des spectateurs assistant à des scènes intimes est anti-naturelle ; les à-pa1·te à haute voix, les monologues sont autant de contre sens naturalistes. L'acteur qni exprime les sentiments d'autrui, est le comble du convenu. En fait de théâtre, la première loi naturelle est donc de donner à l'auditeur l'i11ipression du vrai et c'est ce que fait Zola en dépit des mots. Il serait peut-être à souhaiter que les ingénues théâtrales soient de vraies jeunes filles; mais ce que nous recherchons en elles, avant tout, c'est une impression de prime jeunesse, de saveur printanière, d'innocence et de candeur. L'âge de l'artiste, sa moralité sont évidemment ici choses secondaires.L'actrice, dût-elle employer pour nous satisfaire, tout le blanc, le rose et le bleu qu'elle 8ymbolise, nous lui pardonnerons.

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