20 L.-\ REVUE SOCL\LlSTE Et, nous ra vons dit, l'accroissement est constant et rapide. ~I. Leroy-Beaulieu <'.1tablissaiten 1884, que de 1870 à 1883 la valeur locative drs appartements parisiens s'était accrue de 55 millions et que de 1883 à 1881 il y avait encore ru augmentation de 1 0/0. (1). On se fera nne idée de la nocuité sociale de cette majoration continue en considérant que c'est surtout sur les petits loyers qu·eue porte. M. Leroy-Beaulieu le reconnait et rexplique. On ne bàtit que des maisons à grands appartements qui pourtant surabondent; personne ne veut bâtir pour les ouvriers, il en donne la raison. « Les capitalistrs, dil-il, aiment leur tranquillité et leurs aises; on ne peut leur en faire un crime. S'ils 011t 500,000 fr. à employer, ils aiment mieux construire une maison qui aura quatre ou cinq locataires liés par des baux de ü, 9 ou 12 ans, quP. d'édifier trois ou quatre constructions peuplées de 30, 40 ou 50 ménages ayant des locations de trois mois. Ils trouvent dans le premier cas beauconp plus de repos d'esprit; c'est une besogne plus agréable et. si nous pouvons employer cc mot, plus propre. Ils ne so11tpas dérangés à chaque instant par des réclamations; ils n'ont affaire qu·aux gens de leur monde; ils sont: rarement dans la nécessité de pousser leurs locataires dehors, ou de les faire saisir. Pour les maisons partag{·es en de tout pcti ts logements, au contraire, que d'embarras! Quel soin et quel souci pour se débrouiller au milieu de tous ces locataires qui ne sont pas toujours très exacts à l"échéance ! Quels désagréments sïls ne paient pas! Un homme sensible n'aime pas à ,ieter ses locataires dans la rue. Cependant s'il ne le faisait pas de temps à autre, il s'exposerait à faire non pas des placements, mais de la philantrophie ruineuse. Sïl le fait, outre les scrupules de conscience auxquels il s'expose, n'éprouve-t-il pas le risque de faire parler (l) Economiste Français du 16 aoùt 188-!. Ces données sont plutôt attènuècs. Pour le dèpartement de Ja Seine la mino1·atio11des chilkcs prècédents est dèmontrèe par un tra\'ail publiè en 1890 par la direction _des finances. Cc document élaboré par le service des contributions directes assistè des répartiteurs, donne aussi exactement que possible la ,·aleur loc~tive des immeubles parisiens. C'est ainsi q~'il est établi qu'il y avait à Paris, au l" janvier 1889, 83,7lî immeubles ou propriétés bâties, soit 80,919 maisons, 8913 usines et l,~102 propriétés comprenant à la fois des maisons et des usines Les locaux utilisables ètaient au nombre de 1,139,55!:J: soit 28 400 locau~ d:usin~s _et l, l?î '.159 locaux de maison. La valeur locative d~s premiers s elcva1t a 23 m1l110ns1/2 de francs; celle des seconds était de 752 millions. ce qui porte à 77 5 millions 1 /2 la somme à laquelle on peut évaluer l~ montant des loyers annuels de la p1·opriété bâtie à Paris.
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