210 L.\ REVUE SOCIALISTE particip<i au ridicule préjugé de couleur do leurs compatriotes. Ils se sont toujours montrés hostiles à l'ignoble institution, qui souillait la Constitution américaine, et ont accueilli, dans leur association, les nègres au mème titre que les blancs. Dans ma visite à New-Labanon, je vis, avec plaisir, mêlés à la danse religieuse du meeLing du dimanche, une négresse, noire de jais c~tun beau mulàtre, café au lait. Ils se distinguaient par l'ardeur qu'ils mettaient à accomplir les exercices chorégraphiques. Etant entré, à lenr sujet, on conversation avec une Elderesse, elle me dit que la sœur et le frère, d'origine africaine, édifiaient la communauté par leur piété à toute épreuve. Dans un état à esclaves, comme le Kentucky où les Shakers, ont deux sociétés, ils ne se sont pas départis de leur abolitionnisme. Ils traitaient avec une sollicitude toute particulière, les nègres qu'ils louaient parfois aux planteurs pour les aider dans les travaux de la culture. En étendant sur ces malheureux, dépouillés des droits inhérents à l"homme, si arriérée que soit leur race, une large et impartiale fraternité, ils ont contribué au mouvement d'émancipation, si heureusement achevé sous les auspices de Lincoln. Lenr sympathie était acquise d'avance au Nord contre le Sud et quelques-nns d'entre eux, oubliant pour quelque temps le principe de paix perpétuelle, n'ont pas hésité à combattre pour le maintien de l"Union, identifié avec l'abolition de l'esclavage. La lutte terminée, ils ont pu, absous après confession, rentrer dans le calme de leur retraite pieusü. Un interrogatoire spirite apporte un témoignage de la tendresse des Shakers pour une autre race placée au bas de l'échelle sociale: D. - Quelle est cette ci té? R. - La Cité Bleue. D. - Quels sont ses habitants? R. - Les Indiens. D. - Quels indiens? R. - Les Indiens d'Amérique. D. - Pourquoi leur cité est-elle la première et la plus accessible du pays des esprits? • R. - Parce que lc-s Indien:- ont vécu, dans la mesure de leur savoir, d'accord ayec la loi de la nature pendant qu'ils t'.>taient suT la terre et parce que, après les esclaves de coulenr, ils ont été la population la plus maltraitée par les blancs. Ils sonLaujourd'hui, la plupart, en avant do ceux-ci en spiritualisme d'outre-tombe, et entrent en communication avec les vivants en qualité de messagers du salut. Deux gros volumes ont été publiés par les Shakers, sur les
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