208 LA REYUE SOC'l.\LlSTE Moins heureux que les moines catholiques, il cet égard, ils n·ont pas une heure ni dn jour ui do la nuit où ils puissent se recueillir an sein do la solitude, en pleine possession d'eux-mèmes. Dans une telle société, la pensée devient inerte et stérile. Depuis cent ans qu'elle existe, clic n'a rien apporté au progrès am(,ricain, si ce n'est, dit-on, un cert~tin perfectionnement local dans la culture de la pomme de terre. Aucune des connaissances humaines n·a ét(! fécondée par les Shakers; aucun homme Yraiment remarquable n·a surgi de leurs rangs. Il existe cependant une littérature chez les disciples d'Anne Lee. ~Jais quelle littérature! Tout--ù-fait à la hanLcur do la fondatrice do la secle, lïgnoranLe cuisinière. Elle co;1sisto en hymne.-; on chanLs religieux, en excursions dans le monde spiriLe, el eu di vers écriLs sur la doctrine, l'histoire du Shakerif';me. Les hymnes, ùc'-ponn-us de tonte inspiraLion poétique, n'en son( pas moins regarÙL'S, en majeure parLie, comme descendus <lnciel. La musique, assez panne, qui les accompagne ('St censée avoir la mémc origine merveilleuse. Lona11g0s do la mùro Anne, récit dit premier péché compris conl,re l'infraction du célibat, imprécations contre l'intempérance: rnil;l le cercle étroit d'idées dans lequel se renferme cette ,·ersification où.ie ne trouve, après un long examen, ni pensée digne crètre notée, ni mème de moLs harmonienscment assortis. Tout cela ne vaut pas un vulgaire chant de nourrice villageoise. IX P111::No:-.1ÈNES SPIRITES Lo spiritisme, nous l'avons dit plus hat1t, est né parmi les Shakers qui, avec lenr amour constant dn surnaturel, étaient dignes d'être les invenLeurs de cetLe étrange hallucination, propagée aujourd'hui dans les deux mondès. Il se manifesta dans la Société de l'Union du :;\'ord (Kord Union Society) composée 1.l'uno centaine de membres, établis auprès de Cleveland, dans l'Ohio. Vers la fin de l'été de 1838, plusieurs jeunes sœurs se promenaient au bord d'un ruisseau, sur la lisière d'une forêt, quand elles entendirent, comme venant do l'altitude de l'air, des chants mélodieux. Elles écoutèrent avec admiration et vin-
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