rno LA REYUE SOCIALISTE JEANLOMBARD En décembre 1883, par l'entremise du poète Auguste Fourès, le vigoureux auteur des Grllhs et des Chrints du Soleil, et d'Albert Savine qui n'élait alors que l'écrivain d'El Beso et le traducteur du Com.1namlew· Menclo~a de Juan Valera, nous entrions en relation, Lombard et moi. Lombard venait de fondl'r la Revue Provinciale, dont il espérait faire un organe de décentralisation, et ù laquelle collaborèrent outre les deux amis qui m'amenaient à lui, Xavier de Ricard, Cladel, Aubanel, Pelizza, Justinien Béraud, Théodore Jean, Félix G-ors, Paul Cassard, Rodolphe Dargens, entre autres. Un an après, la Revue P1·0vinciale devenait la Revue Afocle,·,ie sous une triple .direction : Lombard, pour Marseille; Cassard, ponr Lyon; et moi, pour Paris. A la tentative décentralisatrice, qui avait échoué, succédait, plus ambitieux, un essai de conquète qui faillit réussir. Et pourtant nous n'avions ni l'argent, ni le temps nécessaires pour lancer convenablement une publication, et nous nous connaissions à peine - mes deux associés ne me connaissaient même pas du tout. - Etrange administration, singuliers direc-, torats où chacun <lestitulaires pour sa part faisait toute la besogne, depuis le collage des bandes jusqu'aux recouvrements, le soir en rentrant du bureau ou de l'atelirr. Lombard était bijoutier, Cassard employé aux écritures. Et cela marcha pourtant, si bien même, qne la Revue dura six ans, et si nous n'avons pas fait fortune, c'est parce qu'il est évident que nous étions des naïfs, ça ne m'attriste guère pour ma part de le constater:
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