La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LA LÉGEXDE DE VICTOR HUGO 173 l'auréole du martyre et flamboyant des rayons de la gloire, un homme de leur espèce et plus on exaltait son dévouement au devoir, son amour de l'idée et la profondeur de sa pensée et plus ils s'enorgueillissaient de constater qu'il était pétri des mêmes. qualités qu'eux. Ils se contemplaient et s'admiraient dans Hugo, ainsi que dans un miroir. La Bourgeoisie donna une preuve significative de son identification avec le« grand homme» qu'elle enterrait au Panthéon. Tandis qu·elle conviait à ses funérailles du premier juin toutes les nations; elle ne fermait pas la Bourse et ne suspendait pas la vie commerciale et financière parce que le premier juin P.tait jour a·échéance des effets de commerce et de coupons. Son cœur lui disait que Victor Hugo, il poeta sovrano aurait désapprouvé cette mesure; lui qui, pour rien 'au monde,n'aurait retardé de 21 heures l'encaissement de ses rentes et de ses créances. • PAUL LAFARGUE. avec laquelle s'accroissait la fortune du maitre quand on saura que celui-ci rêalisa, en 1334, onze cent mille francs de droits d'auteul'. <• Ajoutons QUtl celui des testaments de Victor Hugo qui contient la clause d'un don de cinquante mille francs aux pauvres de Paris est tout entier écrit de sa main, qu'il est termillé et datê, mais non signé. » Donner 50.000 francs aux pauvres, même après sa mort, dépassait ce que pouvait l'àme gènéreuse et charitable de Victor Hugo. Au moment de signer le cœur lui manqua.

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